Chine/Corée du nord, une relation amicale stratégique
La récente visite du Premier ministre chinois Wen Jiabao, début octobre dans le cadre des 60 ans de leurs relations diplomatiques, a confirmé que la Chine et la Corée du nord entretiennent une relation privilégiée. Les tirs de missiles à courte portée qui ont suivi ont néanmoins rappelé que cette relation n'est pas à l'abri de mauvaises surprises concoctées par Pyongyang.
Une amitié officielle
Du 4 au 6 octobre, le Premier ministre chinois Wen Jiabao était en Corée du nord pour une visite officiellement amicale, et dans les faits très stratégique. Dans le cadre d'une éventuelle reprise des pourparlers sur le programme nucléaire nord-coréen, la Chine voulait éviter que les discussions à six, dans lesquelles elle joue un rôle central, ne se transforme en dialogue bilatéral Washington/Pyongyang.
Depuis le début de la crise, et surtout ces dernières années, Pékin a conforté sa montée en puissance diplomatique tout en jouant le répertoire de l'état responsable qui favorise le dialogue et le pacifisme aux sanctions et à l'agressivité. C'est ainsi que la Chine, déjà principal allié du pays, est devenue le seul réel interlocuteur possible pour le régime très fermé de Corée du nord.
Imprévisible Pyongyang, imperturbable Chine
Cependant, les autorités chinoises ont toujours dû composer avec le caractère imprévisible des dirigeants nord-coréens : des retours en arrière après des concessions, des tirs de missiles et essais nucléaires en guise de défis quand Pékin défendait avec insistance sa politique conciliante.
Les tirs de missiles à courte portée nord-coréens ce lundi en sont un nouvel exemple : l'acte est une provocation, et donc une menace au retour à la table des négociations, mais le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Ma Zhaoxu, a indiqué qu'ils n'auraient aucune influence sur la reprise ou non des négociations...
Un intérêt stratégique pour Pékin
En clair, la Chine a toujours essayé de maintenir vivant le dialogue entre Pyongyang et la communauté internationale, et dans ce but, a consenti et consent encore beaucoup d'efforts, notamment pour pardonner son voisin quand celui-ci décrédibilise son discours prônant la méthode douce alors que les Etats-Unis et le Japon demandent des sanctions.
Cette attitude chinoise ne doit pas être vue comme une crainte ou de la faiblesse à l'égard de la Corée du nord, encore moins comme une bienveillance sans limites. Bien qu'isolée, pauvre économiquement et en marge de la communauté internationale, la Corée du nord est un allié précieux pour Pékin : une chute du régime actuelle signifierait la possibilité d'une réunification des deux Corée, et donc d'une implantation militaire américaine renforcée alors qu'actuellement, la République populaire fait office de tampon entre le nord-est chinois et le reste de la péninsule.
Or, un tel cas de figure, la Chine ne veut pas le voir prendre forme.


