Chine et Japon : une relation complexe et vitale

Chine et Japon : une relation complexe et vitale

Wen Jiabao était au Japon en début de semaine
Found this interesting? Share it with your friends!

En début de semaine dernière, le Premier ministre chinois Wen Jiabao était en visite officielle au Japon. Ce sommet symbolique, entre les 2e et 3e puissances économiques de la planète, marque le rapprochement entre deux pays dont l'Histoire commune est sensible et le modèle économique différent.

Le rétablissement de la ligne rouge

La rencontre entre Wen Jiabao et son homologue japonais Yukio Hatoyama a été marquée par le rétablissement d'une liaison diplomatique directe entre les deux administrations. La démarche a avant tout une valeur symbolique : on parle entre diplomates au lieu de parler entre militaires.

De manière concrète, cette liaison doit permettre d'éviter que les incidents ponctuels, notamment dans les eaux communes aux deux États, ne dégénèrent.

La démission de Hatoyama

L'événement peut surprendre, il a même quelque chose d'insolite : dans la foulée du départ de Wen Jiabao, le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama, démissionnait. Premier premier ministre du Parti démocrate depuis la victoire historique de ce dernier en septembre 2009, il ne sera resté que neuf mois en place.

Son départ, dont le ministère chinois des Affaires étrangères a pris acte, n'est aucunement lié avec la visite de Wen Jiabao. La Chine a d'ailleurs indiqué que le partenariat mutuellement avantageux entre les deux pays n'était pas remis en cause.

Hatoyama paie principalement son échec dans le dossier des bases militaires US à Okinawa, que le Premier ministre a voulu démanteler sans succès, l'administration américaine se montrant intransigeante.

Le gouvernement japonais devrait garder sa ligne actuelle concernant les relations avec Pékin : une approche positive qui souhaite une relation apaisée à Pékin et une prise de distance à l'égard des États-Unis.

Deux économies (pour le moment) complémentaires

En matière d'économie, Chine et Japon sont autant partenaires que rivaux pour la suprématie régionale. Depuis plusieurs années, leurs échanges s'intensifient : le Japon réalise 20% de son commerce international avec la Chine, qui est par conséquent son premier partenaire question business.

La situation actuelle découle naturellement de la complémentarité entre deux économies qui se sont construites différemment. La Chine propose une main d'œuvre presque inépuisable et pour le moment bon marché, le Japon possède un savoir-faire technologique : si on simplifie le schéma, la Chine importe du Japon des composants à haute valeur ajoutée technologique, et exporte dans le reste du monde des produits finis après les avoir fait assembler sur place.

Mais la donne pourrait changer à moyen ou long termes, si la Chine parvient à rattraper son retard technologique. Une telle évolution, qui est dans l'intérêt de la Chine, changerait le rapport de force et serait problématique pour le Japon.

Cette menace explique en partie la grande prudence des entreprises nippones implantées dans l'Empire du milieu : il faut tout faire pour préserver les secrets technologiques, sous peine de perdre son principal argument sur le marché mondial.