Bilan APN et CCPPC 2010 : beaucoup de bruit pour rien ?

Bilan APN et CCPPC 2010 : beaucoup de bruit pour rien ?

Le Parlement chinois
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Présentées comme le moment fort de l'année politique en Chine, la session annuelle de l'Assemblée populaire nationale et la Conférence consultative politique du peuple chinois n'ont débouché sur aucune grande décision. Une surprise ? Pas forcément selon les spécialistes...

Achevées il y a plus d'une semaine, les sessions 2010 de l'APN et de la CCPPC ont été largement couvertes par les médias. Il faut dire que le double événement est officiellement présenté comme le moment important de la vie politique chinoise.

D'un côté, l'APN, la réunion du Parlement, et donc des représentants du peuple chinois, officiellement le pouvoir ultime, et de l'autre, la CCPPC, la réunion de toutes les classes sociales (intellectuels, religieux et membres des minorités compris) que compte la Chine... Sauf que dans les faits, le Parti communiste au pouvoir reste le vrai maître à bord, et ses grandes décisions, il les prend à froid et à l'abri des regards.

C'est ainsi qu'en dépit de certains espoirs de changements et grandes décisions relayés par la presse -la lutte contre les inégalités et l'inflation étaient des thèmes majeurs des réunions politiques- les journalistes politiques chargés de couvrir les deux événements n'ont pas eu grand chose à se mettre sous la dent, si ce n'est l'annonce du changement de la loi électorale, avec l'égalité proclamée entre les députés urbains et ruraux.

Les principaux temps forts auront donc été le rapport de travail du Premier ministre Wen Jiabao sur l'année écoulée, et ses annonces sur le yuan, ainsi que l'éditorial commun de treize journaux chinois réclamant la fin du système du Hukou.

Sur le premier sujet, on aura compris que la Chine va poursuivre sa politique de redressement de l'économie et conserver sa politique monétaire, n'en déplaise aux États-Unis et à l'Union européenne. Le chef du gouvernement chinois est également revenu sur l'attitude de Pékin au Forum de Copenhague, estimant que l'échec des négociations était imputable aux pays développés...

Finalement, la vraie surprise de cette session 2010 est venue de l'éditorial commun de treize journaux chinois réclamant une réforme voire une abolition du Hukou peu avant l'ouverture de l'APN.

Aucune décision n'a suivi, si ce n'est le retrait des textes d'internet et le limogeage de l'un des initiateurs, mais cette attaque médiatique fera date et pourrait avoir de l'influence sur le long terme. Elle a démontré notamment que certains médias non-gouvernementaux n'hésitaient plus à poser les questions qui fâchent.

Sinon, le principal intérêt de la réunion de l'APN et de la CCPPC, dont le public chinois se soucie relativement peu car il sait que les grandes décisions n'y sont pas prises, a résidé dans les moments insolites qui ont truffé la campagne : le petit-fils de Mao Zedong qui ne retrouve plus sa voiture, un journaliste du Quotidien du peuple qui se fait renvoyer dans les cordes pour avoir posé une question sensible, ou encore Bo Xilai, qui après le succès de sa campagne anti-corruption à Nanjing, s'est permis de répondre telle une célébrité à des médias hongkongais, pratique pas forcément bien vue par les anciens du Parti...

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