Visite du Temple du Ciel avec Cyrille Javary

22.08.2007, 05:20 GMT

[Click for a bigger view]Les tuiles bleues représenetent les ciel (Image: Radio86)Les tuiles bleues représenetent les ciel (Image: Radio86)

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Marion Zipfelp et Cyrille Javary poursuivent leur saga des plus grands monuments chinois. Aujourd'hui ils nous dévoilent les secrets du Temple du Ciel, le plus grand monument de la capitale chinoise, aussi nommé "Tian tan".

Le Temple du Ciel est situé dans la partie sud de la ville de Pékin. Il a été construit au début du XVe siècle après la désignation de Pékin comme nouvelle capitale de Chine. Inscrit depuis 1998 au patrimoine de l'UNESCO, il se compose de trois monuments principaux : la terrasse du ciel, le dépôt des tablettes des ancêtres célestes et la salle des prières pour la bonne récolte. Ce dernier lieu sera d'ailleurs utilisé comme lieu de cérémonie pour les Jeux Olympiques de 2008.

Son nom chinois "tian tan" se compose de deux caractères. "Tan", signifie terrasse, hall ; "tian" est un terme qui se rapporte au grand régulateur de tout ce qui se passe sur la terre, sans y voir pour autant une entité divine, qui confie à l'Empereur la gestion de la terre de Chine.

Ce nom trouve son origine dans la célébration annuelle qui s'y déroulait à chaque solstice d'hiver à l'époque de la Chine impériale. Le solstice d'hiver marque la nuit la plus longue, le moment de l'année où se concentre le plus de "Yin". Ce jour-là, l'Empereur, aussi appelé le "fils du Ciel", devait quitter la Cité Interdite, descendre l'avenue vers le sud afin de rejoindre un bâtiment, la salle de l'abstinence, où il jeûnait durant trois jours. Il devait aller ensuite prier, un genou à terre, à la salle des prières pour la bonne récolte pour implorer le retour du "Yang" sur la terre de Chine.

Une structure architecturale symbolique

La courleur verte des tuiles se rattache à la terre (Image: Radio86)La courleur verte des tuiles se rattache à la terre (Image: Radio86) Comme tous les lieux sacrés chinois, le Temple du Ciel contient également de nombreuses connotations symboliques dans son architecture à la fois sur le plan géométrique que numérique.

Tout doit rappeler le ciel ! Les monuments sont ronds, comme le ciel, ceux qui ont un toit possèdent des tuiles bleues, comme le ciel, etc. La terrasse à ciel ouvert suit la même connotation et est ainsi formée de neuf ronds sur lesquels se superposent des dalles, le premier rond une dalle, le deuxième deux dalles et ainsi de suite jusqu'au neuvième qui en possède neuf. C'est donc un neuf puissance neuf, qui a pour but de rappeler le "Yang" sur terre puisque le nombre neuf est le signe symbolique du "Yang" (car il est le grand nombre impair à un chiffre).

Mais ce Temple du Ciel s'inscrit également dans une symbolique plus large qui s'étale à travers toute la ville de Pékin qui comporte également un Temple du Soleil (est), un Temple de la Terre et un Temple de la Lune (ouest).

Les couleurs des tuiles, le nombre des arches, de boules dorées, tout est relié à des connotations symboliques (Image: Radio86)Les couleurs des tuiles, le nombre des arches, de boules dorées, tout est relié à des connotations symboliques (Image: Radio86) Selon cette symbolique, le Temple du Ciel remplit deux fonctions. Il constitue tout d'abord le temple du sud, celui du "Yang" qui fait écho au Temple du "Yin", le Temple de la Terre qui se trouve au nord. Ensuite, le Temple du Ciel se trouve également dans un quart sud-est de la ville et qui, lui, est associé à un quart sud-ouest dans lequel il y a le Temple des Dieux du Sol. Trois mois après être venu implorer le rappel du "Yang" sur la terre, l'Empereur devait se rendre au Temple des Dieu du Sol pour y tracer le premier sillon de l'année qui allait lancer le temps des moissons dans l'ancienne Chine.

Les rites attachés au Temple du Ciel

Le Temple du Ciel est inscrit au patrimoine de l'humanité depuis 1998 (Image: Radio86)Le Temple du Ciel est inscrit au patrimoine de l'humanité depuis 1998 (Image: Radio86) Ni taoïste, ni bouddhiste, les rites pratiqués au Temple du Ciel s'associaient avec "la religion laïque impériale", c'est-à-dire "une mise en scène du pouvoir qui garantit la solidarité 'un peuple autour de ses dirigeants", comme le décrit Cyrille Javary. Il s'agit en réalité d'une représentation dans laquelle se renouvelait chaque année le mandat que le Ciel confiait à son fils, l'Empereur, pour diriger la Chine à sa place.

À l'époque de Ming et des Qing, ce lieu était exclusivement accessible à l'Empereur, et nulle autre personne ne pouvait y pénétrer. Au début de l'ère communiste, l'endroit a été fortement éloigné de sa fonction puisque l'armée y avait installé une batterie antiaérienne. Aujourd'hui, cet endroit est ouvert au public et les habitants de la capitale y viennent en été pour profiter de la verdure et faire voler des cerfs-volants... Ce qui lui permet de retrouver sa vocation première : être le lien entre la Terre et le Ciel.

Auteur: Daniel Ernult

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