La fièvre olympique s'est emparée de Pékin à l'été 2008 (Image: Radio 86)| Éditions internationales: | Kaikkea Kiinasta |
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07.05.2009, 15:00 GMT
Cette semaine, notre correspondant de Radio Chine Internationale, nous parle de son expérience professionnelle durant les Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Si vous avez des questions sur la Chine, n’hésitez pas à demander à Pete.
Comment s'est passé votre travail durant les Jeux?
C'était génial. C'était tellement intéressant de voir la ville en effervescence et tout le monde très excité. Je me souviens de mes collègues de travail chinois qui faisaient des bonds quand la Chine obtenait de bons résultats, évidemment mes collègues canadiens et moi-même suivions attentivement les performances des athlètes sous le drapeau à feuille d'érable. La magie des Jeux c'est ca, que vous soyez américain, britannique ou de quelque autre nationalité, vous prenez beaucoup de plaisir. Les Jeux appartiennent à tout le monde et pas seulement au pays organisateur ou aux nations qui remportent beaucoup de médailles.
Quel était exactement votre travail durant ces Jeux?
J'étais extrêmement occupé. Mon avion a atterri à Pékin le 2 août et j'ai commencé à travailler le 4. Le 5 j'étais déjà à fond dedans. En fait je co-animais une émission. Nous faisions des résumés des épreuves, mettions à jour les résultats et le tableau des médailles. Nous passions également de temps en temps quelques morceaux de musique, que nous coupions parfois pour interviewer un athlète chinois médaillé ou qui venait de battre un record du monde. Nous étions très occupés car nous étions une sorte de plate-forme pour toutes les informations que nous recevions de nos envoyés spéciaux sur tous les sites. Nous devions coordonner le tout et nous assurer que toutes nos informations étaient bien à jour. Une fois, j'ai pu travailler du centre international de presse, j'ai vraiment aimé, j'ai pu avoir l'opportunité de voir comment le travail était organisé.
Est-ce que tout a bien fonctionné techniquement?
Je ne me souviens pas qu'il y'ait eu de réels problèmes. Juste de petites choses, comme un téléphone qui ne capte pas de réseau mais rien de sérieux. Nous avons pu utiliser toutes les images produites par CCTV. Tout a bien fonctionné en fait.
Vous aviez de longues journées de travail?
Ils étaient longs en effet. Je quittais la maison à 7h30 le matin et parfois je ne rentrais pas avant 19h30. Tout ceci est bien normal, après tout ce sont les Jeux Olympiques et ils n'ont lieu que tous les quatre ans, de plus il n'est pas évident qu'ils aient lieu dans la ville que vous habitez. La plupart des gens n'ont cette opportunité qu'une seule fois dans leur vie. Les journées passaient très vite à cause de l'adrénaline, il y'avait des événements en permanence, et une fois à la maison nous continuions à en parler... Nous attendions avec impatience, par exemple, le matche de basket entre les États-Unis et la Chine... Il y'avait toujours quelque chose en prévision et nous attendions avec l'eau à la bouche.
Aviez-vous déjà assisté à un événement sportif similaire?
Rien de comparable aux Jeux Olympiques...Le plus gros événement que j'ai été amené à couvrir était le Championnat du monde juniors de hockey sur glace à Vancouver, il y'a bien eu également quelques tournois de golf de la PGA et quelques matchs de playoffs en NHL. J'ai aussi un peu couvert la NBA, mais rien du niveau des Jeux. […] En plus le championnat du monde juniors de hockey n'a pas la même importance pour nous autres canadiens que pour vous... Pour nous le hockey est une religion, c'était un événement majeur à Vancouver.
Que pensez-vous du fait que la Chine ait accueilli les Jeux?
Je pense que la Chine a effectué un travail formidable. La première fois que je suis venu ici, j'avais sept ans. Depuis, un certain nombre de choses ont évolué, il y'a un peu plus de lignes de métro, ils ont réussi à juguler la circulation, tout cela a rendu les choses plus faciles. Je pense qu'ils ont vraiment bien réussi.
Comment était la vie à Pékin, durant les Jeux?
C'était vraiment très cool, chaque fois que l'on sortait en ville, on rencontrait des athlètes, des diplomates, c'était génial d'y être. Je me souviens d'une fois, alors que nous faisions un reportage sur un restaurant français, un nageur du relais tricolore, qui venait de perdre contre le relais américain emmené par Phelps, est arrivé avec sa médaille d'argent au cou. Nous étions juste en train de parler de cette course quand il est arrivé...
Comment les Pékinois ont-ils réagi par rapport aux Jeux?
La population locale était enthousiasmée par les Jeux. Mon mandarin est quelque peu rudimentaire mais tout le monde parlait des Jeux, les gens arboraient des casquettes, des tee-shirts, et agitaient des drapeaux à l'effigie des Jeux. Ils étaient heureux quand la cérémonie d'ouverture a lancé le début des festivités. Nous avons assisté à la cérémonie sur un écran géant dans un parc, nous étions fiers d'être là.
Quel est votre meilleur souvenir de ces Jeux, professionnellement parlant?
La journée que j'ai passé au centre international de presse, j'ai pu voir toute l'organisation de ce “monstre”. J'ai aussi eu des tickets pour les demi-finales du tournoi de hand-ball, c'était cool. J'aurai aimé voir plus de compétitions mais je suis arrivé tellement tard sur Pékin, que tous les tickets avaient déjà été vendus, de plus j'avais vraiment beaucoup de travail et j'étais encore un peu secoué par le décalage horaire... Si j'étais arrivé quelques semaines auparavant, j'aurai pu trouver plus de tickets pour les épreuves.
Avez-vous regardé les cérémonies d'ouverture et de clôture?
J'ai vu la cérémonie d'ouverture mais pas celle de clôture car je n'ai pas le câble, de plus j'étais à la fin de deux semaines de travail intensif et j'étais tellement épuisé que j'avais besoin de me relaxer. J'ai toutefois vu un résumé de la cérémonie de clôture, le lendemain au bureau. Je me souviens avoir vu de ma fenêtre des feux d'artifice que je pensais venir du nid d'oiseau. En fait je n'habite pas si près du stade olympique, ces feux d'artifice provenaient de la place Tiananmen où avait lieu une petite célébration. Mes deux premières semaines ont en fait été consacrées totalement aux Jeux.
Reste-t-il dans la ville une présence visible du passage des Jeux?
Il reste beaucoup de choses visibles en effet. Il existe encore de nombreux magasins qui vendent toujours Fuwa, la mascotte et des gadgets comme des porte-clés ou autres babioles du genre. À côté de chez moi, il existe même un magasin qui ne vend que des articles relatifs aux Jeux. On peut bien entendu bénéficier de quelques remises maintenant que les Jeux sont terminés. J'ai acheté deux ou trois choses pour mes parents, ma nièce et mon neveu. Dans le métro, on peut encore voir des vidéos des Jeux.
Savez-vous à quoi vont servir les installations olympiques dans le futur?
À ma connaissance, il n'a pas eu beaucoup d'événements organisés au nid d'oiseau. Je crois que le match d'ouverture du championnat italien de football, la série A, doit y avoir lieu au mois d'août. Le cube d'eau, quant à lui, est ouvert au public qui peut aller se remémorer des souvenirs ou bien tout simplement y nager.
Voudriez-vous ajouter quelque chose à propos de ces Jeux?
Non, j'ai juste vécu une aventure inoubliable, je suis heureux d'avoir été là à ce moment là. Je pensais devoir attendre les Jeux de Vancouver en 2010 pour assister à un événement olympique et encore les Jeux d'hiver sont moins importants que ceux d'été, il y'a moins de disciplines. J'ai beaucoup appris d'un point de vue professionnel.
Quel est votre sport favori?
Mon sport favori est depuis toujours un sport qui ne figure pas au programme olympique, le football. Pas le soccer européen, pas le football américain non plus mais le football canadien. Je suis un fan invétéré de notre ligue nationale, la CFL. Le hockey arrive en seconde position dans mon panthéon personnel. J'aime aussi le basket, le tir, plein de sports en fait...
Auteur: Stina Björkell
Interview par: Stina Björkell
Traduit par: Christophe Croze