Qui est le maître de ma jeunesse? La nouvelle série culte des jeunes chinois

22.06.2009, 13:29 GMT

[Click for a bigger view]Les actrices de la série "Qui domine ma jeunesse" (Wo de qing chun shei zuo zhu)Les actrices de la série "Qui domine ma jeunesse" (Wo de qing chun shei zuo zhu)

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Qui est le maître de ma jeunesse? ou Jeunesse, comme on dit dans les rues de Pékin est La série qui connait, en ce moment, un énorme succès à la télévision et sur le net en Chine. Elle reflète la réalité de la classe moyenne chinoise et surtout parle des jeunes nés après 1980 : la première génération confrontée à la libération sexuelle et économique. Avec plus de 5,3 millions de visite sur le Youku, le Youtube local, la série a gagné son pari en mettant tous les membres de la famille chinoise autour du petit écran.

Ana Fuentes, journaliste à Pékin est allée rencontrer des fans de la série

La dernière phrase du générique signifie "C'est moi qui décide", un clin d'oeil aux jeunes spectateurs, le public auquel s'adresse la série. Les réalisateurs, Baogang Zhao et Ying Wang, sont très connus dans le monde des séries télé. Ils ont décortiqué la classe urbaine chinoise en 32 épisodes d'environ 40 minutes chacun, et surtout ce que l'on appelle la génération Balinghou, c'est à dire, les jeunes chinois nés après 1980, avec les réformes économiques.

On retrouve six personnages principaux: trois cousines d'un milieu social très différent, une qui est avocate, une autre qui habite en province et qui veut trouver un travail à Pékin et une troisième qui rêve d'ouvrir un restaurant. Puis leurs mères, dans la cinquantaine, qui représentent la génération qui a connu la Révolution Culturelle.

"J'aime bien cette série. Je pense qu'elle montre bien la réalité de Pékin et d'autres grandes villes en Chine. Elle raconte plein d'histoires sur la culture pékinoise, il y a même des nouveaux mots d'argot. (...). Les trois protagonistes et leurs mères représentent les deux générations les plus importantes dans la société chinoise de nos jours, les plus grands changements, par exemple, Internet, le divorce et son influence sur les enfants"explique Yuan Bo Na, pékinoise de 27 ans, donc née après 1980 elle aussi. Elle est professeur et elle trouve que la série est 70% fidèle à la réalité.

Très souvent, les chinois nés après 1980 sont critiqués par la société. En effet, ce sont des enfants uniques, nés sous le contrôle des naissances. On les considère comme choyés, égocentriques, qui ne s'intéressent qu'à l'argent et à internet, pas à la famille, qui ne veulent pas se marier. Il faut dire qu'ils ont grandi dans une société en mutation sociale et économique. Inévitablement ils cherchent des nouveaux repères spirituels et même idéologiques. Pour Yuan Bo Na des séries comme Jeunesse contribuent à redonner leur dignité aux chinois d'aujourd'hui."Grâce à ce genre de séries télé on peut voir à quel point la Chine est en train de s'ouvrir et se développer. Parmi toutes les séries celle-ci donne l'image la plus fraîche et actuelle du pays" explique t-elle.

Jeunesse porte un regard sincère sur le quotidien des classes moyennes chinoises mais surtout elle a réussi à insuffler un peu d'air dans les poumons de la chaîne nationale CCTV, d'habitude terne et monotone. La toile chinoise insiste sur le fait que c'est une des rares émissions sans propagande que l'on peu regarder sans s'endormir.

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