Demandez à Pete: Souvenirs du tremblement de terre du Sichuan

20.05.2009, 13:00 GMT

[Click for a bigger view]Toute la Chine a rendu hommage aux victimes du tremblement de terre au Sichuan (Image: China News Service)Toute la Chine a rendu hommage aux victimes du tremblement de terre au Sichuan (Image: China News Service)

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Cette semaine, notre correspondant à Pékin,Peter Koveos, nous explique comment le tremblement de terre du 12 mai 2008 a été commémoré, un an après la tragédie. Si vous avez des questions sur la Chine, demandez tout simplement à Pete!

Où et quand avez-vous entendu parler pour la première fois du séisme du Sichuan?

J'étais encore chez moi à Vancouver et je travaillais dans mon centre d'informations. On entend toujours parler de catastrophes, d'accidents et de ce genre de choses et on ne réalise pas toujours la gravité de ces événements. Dans ce cas là, je n'ai réalisé que plus tard l'envergure des dévastations. Parce que j'ai des amis à Pékin et que je ne savais pas trop à quelle distance de là se situe le Sichuan, je me suis demandé dans quelle mesure cela pourrait affecter les Jeux Olympiques, plein de choses me sont passées par la tête à ce moment là.

Quand avez-vous vraiment pris conscience de l'ampleur de la catastrophe?

Un ou deux jours plus tard, je pense. Alors, j'ai réalisé que le tremblement de terre avait atteint une magnitude de 8 sur l'échelle de Richter, c'est considérable. Après, on a commencé à voir les premières images et on a alors pleinement réalisé l'étendue des dégâts. Ceci dit, depuis que je suis à Pékin, je ne me suis pas rendu dans le Sichuan, cependant j'ai une collègue qui y est allée et elle m'a expliqué à quel point c'était incroyable. Apparemment ils essayent de reconstruire mais comme tout a été détruit, il est difficile de revenir à la normale. Cependant, peu à peu, on érige des bâtiments, c'est vraiment incroyable.

Est-ce que les gens au Canada ont suivi les nouvelles concernant le tremblement de terre?

Vous savez, je travaillais à ce moment là pour une agence d'informations, nous sommes toujours attentifs à ce qui se passe à travers le monde. Nous comprenons, que dans ce genre de choses, la mort humaine intervient, nous espérions tous que ce serait dans une moindre mesure. Nous nous demandions tous comment cela allait se passer et heureusement, dans des délais très courts, des organisations humanitaires et la croix rouge ont pu se rendre sur les lieux. Lorsque je travaillais à Vancouver, j'avais un collègue chinois et bien que sa famille ne vienne pas du Sichuan, il était très inquiet. C'est tout simplement un sentiment naturel. Je me souviens d'un tremblement de terre qui avait secoué la Grèce, il y a environ huit ans, je me suis également inquiété car j'ai de la famille là bas... Chaque fois qu'il se passe quelque chose dans le monde, les gens s'inquiètent. Au Canada, le phénomène se fait encore plus ressentir car les gens sont originaires des quatre coins de la planète et ont de la famille partout.

Avez-vous parlé de cet événement avec vos collègues chinois lors des commémorations du premier anniversaire?

Ça a fait la une des journaux ici, tout le monde en a parlé. Durant cette journée du 12 mai, nous n'avons traité que de ce sujet dans notre émission et de la façon dont les gens ont surmonté cette épreuve. Il y a tellement d'histoires de survivants et malheureusement aussi de gens qui ont perdu des êtres chers. La plupart des gens se trouvaient ici à Pékin ce jour là mais vous savez, quand il se passe quelque chose dans votre pays, vous vous sentez toujours concerné et bien que vous ne puissiez pas faire grand chose, vous essayez de montrer un peu de compassion.

Comment s'est manifesté le deuil des Chinois? Silencieusement?

Ils en ont beaucoup parlé. Mais “l'esprit chinois” a pris le dessus et la phrase la plus entendue était: “Nous surmonterons tout cela!”. Ce jour là, il y a eu une grande cérémonie de commémoration dans le Sichuan, cependant, à Pékin, peu de choses avaient été organisées. En revanche, il y a eu beaucoup de choses à la télévision et à la radio. Mais le sentiment général était un sentiment d'espoir qui caractérise bien cet esprit chinois dont je parlais auparavant, les gens surmontent les épreuves.

Est-ce que vous connaissez quelqu'un qui a été affecté personnellement?

Pas que je me souvienne. Une des collaboratrices de mon émission s'est rendue dans le Sichuan peut-être six semaines avant les commémorations, un autre de nos collaborateurs un peu après et ils m'ont raconté ce qu'ils avaient vu. Je ne pense pas qu'aucun des gens qui forment mon cercle de connaissances ait perdu quelqu'un de proche. La plupart des gens que je connais en Chine sont à Pékin, peu d'entre-eux sont originaires du Sichuan. Par bonheur, aucun de mes amis n'a eu à souffrir sur un plan personnel de cette tragédie.

Quels genres de monuments commémorent cette tragédie?

Dans le Sichuan, très peu de monuments ont été érigés. Il y a eu des cérémonies et quelques mémoriaux. Et sur Pékin, encore moins. Il y a eu des panneaux dans le métro, des choses à la télévision et à la radio, mais pas beaucoup. La plupart des événements ont eu lieu dans le Sichuan. Je me souviens en particulier d'une horloge cassée qui symbolisait ce qu'il s'était passé ce jour là.

J'ai lu quelque part qu'on allait transformer le vieux siège du comté de Beichuan en musée du souvenir du tremblement de terre.

Je pense qu'il s'agit d'une mesure qui vise à ce que personne n'oublie ce qui s'est passé. Les gens se souviendront de cet événement chaque 12 mai mais la vie quotidienne doit continuer pour autant.

Quelle est la situation concernant la reconstruction?

La reconstruction est permanente. De nombreux invités de notre émission essayent d'aider de différentes manières, en donnant de leur temps bénévolement. Un couple, un américain et sa femme australienne, est allé sur place pour aider à la reconstruction d'une ville proche de l'épicentre, cela leur a pris dix mois. Il existe de nombreuses histoires comme celle ci. Une de mes collaboratrices qui s'est rendue sur les lieux il y a quelques semaines m'a parlé de la reconstruction des écoles. Il s'agit de la priorité dans la reconstruction. Le gouvernement apporte énormément d'aide, les organisations humanitaires et la croix rouge également.

Est-ce que la tragédie a eu un impact sur la politique nationale?

Le 12 mai a eu lieu le jour de préparation à l'urgence, ou quelque chose dans le style, je ne me souviens pas de l'appellation exacte... Il s'agit d'une campagne de prévention qui s'assure que les gens sachent quoi faire en cas de tremblement de terre, de tsunami, ce genre de catastrophes naturelles. Les gens apprennent à ne pas paniquer, à lutter contre le feu, à stocker de l'alimentation, plein de choses de ce type... Le 12 mai n'est pas le premier événement de ce genre en Chine, mais ils ont maintenant commencé ce genre de campagne d'informations pour que les gens sachent ce qu'il peut se produire.

Est-ce que vous aimeriez mentionner quelque chose de plus concernant les cérémonies qui ont commémoré cette tragédie?

La chose qui m'a réellement frappé est cette horloge cassée qui symbolise l'arrêt du temps au moment du tremblement de terre, le nombre de fleurs également. Vous savez, des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie dans cette catastrophe, j'imagine que chaque fleur représentait une vie disparue. Au travail, ce fût une journée différente, tout le monde regardait la télévision et pensait: “Que je suis chanceux d'être là, je suis encore en vie, j'ai encore ma famille, ma femme, mes enfants...”. Ce fût une journée sombre et malgré tout l'éclaircie est venue de ce fameux esprit chinois qui enjambe tous les obstacles et qui permet aux gens de continuer à avancer.

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Auteur: Stina Björkell

Interview par: Stina Björkell

Traduit par: Christophe Croze



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