Y a t-il quelqu'un pour sauver les relations France-Chine?07.08.2008, 06:17 GMT
"Ce n'est pas à la Chine de fixer mon agenda" avait répondu Nicolas Sarkozy aux menaces de l'ambassadeur chinois en France sur les "graves conséquences" qu'une rencontre entre le chef d'Etat français et le dalaï-lama aurait sur les relations franco-chinoises. Et pourtant, il n’y aura effectivement pas de rencontre entre le chef d’etat francais et le le chef spirituel tibétain lors de sa visite en France au mois d'août. Avant même le début des jeux, la France a déjà perdu un match contre la Chine.
Nicolas Sarkozy ne rencontrera pas le dalaï-lama lors de sa visite en France. Officiellement c’est le dignitaire tibétain qui a décliné l'invitation. "Le président de la République comprend les raisons qui conduisent le dalaï lama, compte tenu des circonstances présentes, à ne pas solliciter un entretien durant son séjour au mois d'août en France", a déclaré l'Elysée dans un communiqué mercredi 6 août. Pourtant dans un climat plutot tendu entre la France et la Chine, personne n’est dupe. C’est un échec cuisant pour la diplomatie francaise embourbée dans les tergiversations et les maladresses envers la Chine depuis les émeutes au Tibet du mois de mars.
6 mois d'embroglio diplomatique
Après les affrontements au Tibet, le président francais a déclaré le 25 mars que "toutes les options sont ouvertes, mais j'en appelle au sens de la responsabilité des dirigeants chinois".Il a également commencé à poser ses conditions. "Je veux que le dialogue commence et je graduerai ma réponse en fonction de la réponse qui sera donnée par les autorités chinoises", a-t-il précisé. Peu de temps après cependant, le président français qui n'excluait pas le boycott a adopté des propos plus modérés. "Moi je serai président de l'Union au moment de la cérémonie d'ouverture, il faut donc que je consulte les autres sur leurs positions pour savoir si j'irai à la cérémonie d'ouverture ou pas", a-t-il déclaré le 27 mars 2008.
Puis lors du passage de la flamme à Paris le 7 avril alors le président Nicolas Sarkozya jugé que "c'était un spectacle un peu triste pour chacun" sans condamner les manifestations. "Il est tout à fait normal dans une démocratie que les gens manifestent", a-t-il déclaré ajoutant : "Je crains que pour la flamme, il y ait des mouvements de cette nature partout où elle va passer". Il a ajouté qu’il liait désormais sa participation à la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin à un dialogue entre Pékin et le dalaï-lama. "C'est en fonction de la reprise de ce dialogue que je déterminerai des conditions de notre participation." Il est alors le seul président à poser ses coonditions.
En Chine, le passage chaotique de la flamme provoque de nombreuses manifestations anti-francaises et des boycott de certaines enseignes tricolores. Le 22 avril pour tenter de calmer le jeu, Nicolas Sarkozy envoie trois émissaires. Les critiques grondent: Nicolas Sarkozy ferait-il le dos rond dès que Pékin hausse le ton? La situation semble s’améliorer néanmois. Le 4 mai, Pékin fait un geste en reprenant contact avec les représentants du dalai lama. Il ne fait plus de doute pour personne que Nicolas assistera à la cérémonie mais il attend que la France prenne la présidence de l’Union pour l’affirmer officiellement. Le 9 juillet, lors d’une rencontre avec le président chinois HU Jintao, en marge du sommet du G8, il affirme qu’il sera dans les gradins le soir du 8 aout. Mais quelques jours auparavant, le président francais avait évoqué une possible rencontre avec le dalaï-lama. Fraîchement nommé l’ambassadeur chinois à Paris, Kong Quan a convoqué des journalistes pour déclarer solellement qu’une telle rencontre Sarkozy-dalaï lama "serait contraire au principe de non-ingérence des États dans leurs affaires intérieures".Il n’a pas hésité à brandir la menace de conséquences graves" sur les relations bilatérales.Réponse immédiate de Nicolas Sarkozy:"Ce n'est pas à la Chine de fixer mon agenda."
Finalement, il semble que la France a perdu sur tous les fronts: le représentant du Dalaï Lama en France, Wangpo Bashi, déplore la "position boiteuse"de la France qui reconnait "un homme de paix" dans le Dalaï Lama, mais qui ne le rencontre pas. Vis-à-vis de la Chine, elle est désormais en position de faiblesse.
"Beaucoup de bruit pour rien" aurait-on envie de dire.
Auteur: Marion Zipfel
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