24.09.2008, 12:37 GMT
Wang Yong , un nom parfaitement inconnu jusqu’à cette semaine, vient d’être nommé patron de la sécurité alimentaire, un poste particulièrement sensible au moment où le scandale du lait frelaté submerge l’empire du milieu.
Le natif de Liaoning, 53 ans, était ministre adjoint en charge de la supervision des actifs de l’État et de la commission d’administration depuis 2003 et avait été promu secrétaire général adjoint du conseil d’État, depuis six mois.
Depuis lundi, ce bureaucrate discret, se trouve sous les feux de l’actualité internationale en accédant au poste le plus controversé à l’heure actuelle en Chine. Il a grimpé tous les échelons de la réussite administrative depuis son premier poste de directeur adjoint du département de la science et de l’industrie aérospatiale, jusqu’à cette fonction de patron du département de l’organisation du comité central du parti communiste.
Son prédécesseur, Li Changjiang, a démissionné sous la contrainte lundi dernier, sous la pression liée au scandale du lait empoisonné à la mélamine. Mr Li était sous le feu des projecteurs, en raison des nombreuses affaires qui ont secoué le pays, allant des anguilles toxiques de Hong Kong en 2005, aux aliments pour animaux domestiques qui avaient provoqué un véritable carnage aux États-Unis l’année dernière. Ce dernier, accusé de corruption et d’incompétence a dû se résigner à abandonner sa fonction.
La pression publique est l’une des raisons majeurs de ce retrait de la scène. Depuis que la société Sanlu est mêlée à ce scandale du lait contaminé, les forums et autres sites de discussions ne cessaient de demander le départ de Li Changjiang.
Un avocat installé à Pékin, Zhou Ze, affirme avoir envoyé une lettre ouverte demandant la démission de Mr Li, une fois que le scandale eût éclaté.
"Ils ont un système d’immunité pour les grandes marques," dit-il. "Plus grande est la marque, plus grand est le besoin de contrôle, mais les superviseurs les laissent agir à leur guise. Nous avons affaire à un abandon total de devoir professionnel." explique l’avocat sur le site du South China Morning Post.
Mr Zhou considère que les internautes chinois ont appuyé sa lettre ouverte en postant de nombreux messages et croit que la démission de Li Changjiang est une victoire pour le public.
L’ancien patron de la sécurité alimentaire est également soupçonné d’être impliqué dans des affaires de corruption. Wu Jianping, un de ses proches collaborateurs s’était d’ailleurs suicidé récemment après avoir fait l’objet d’une enquête pour corruption.
Tous les yeux sont maintenant tournés vers le nouveau patron et espère qu’il sera en mesure de sauver la réputation de l’alimentation chinoise et de ses produits.
Sur le site internet, sohu.com, une personne nommée Cai Wei, exhorte Mr Wang à encourager la transparence et à laisser le business du secteur à distance.
En supplément de la colère des Chinois, Wang Yong devra également affronter la pression internationale dans la mesure où son poste est censé garantir la sécurité et la bonne qualité des produits exportés, ajoutent certains analystes.
Source: South China Morning Post
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