La Chine est le 5e producteur mondial de pétrole08.06.2008, 10:33 GMT
Nous sommes en 2008 à l’ère du pétrole cher; toutes les compagnies pétrolières engrangent des profits records.Toutes? Non! Car la Chine oblige ses deux géants PetroChina et Sinopec à maintenir le prix de leurs produits raffinés à un niveau artificiellement bas. Des subventions qui divisent notamment les ministres de l'Energie de cinq pays parmi les plus gros consommateurs de pétrole de la planète réunis ce week-end au Japon.
Avec Jacques de Boisséson, Président de Total en Chine, Pierre Terzian, Directeur de la revue Petrostrategies et Europ'Energies et Stéphane Kellner, spécialiste des relations entre la Chine et l'Asie centrale et professeur à l'Université libre de Bruxelles.
Réunis au lendement d'une nouvelle hausse record du pétrole vendredi qui a atteint 138,54 dollars le baril, les ministres du G8 auxquels sont associés la Chine,l’Inde et la Corée du Sud ont appelé les pays producteurs à accentuer leurs investissements mais sont restés divisés sur la question des subventions. Samedi, les Etats-Unis, le Japon, la Chine, la Corée du Sud et l'Inde se sont dits "très inquiets" des prix du pétrole et ont appelé à l'élimination progressive des subventions sur les carburants.La Chine et l'Inde, gros consommateurs d'énergie, ont toutefois refusé de s'engager sur un calendrier, en arguant qu'elles étaient encore des pays en développement.
Alors que les prix du pétrole ne cessent d’augmenter, la Chine, deuxième consommateur de pétrole au monde, n'a relevé elle qu'une fois les prix des carburants depuis la mi-2006 (+10% en novembre dernier). Obsédée par le risque social de l’inflation, Pékin a décidé de subventionner les produits pétroliers plutôt que de prendre le risque de doubler les prix subitement. “On estime que la différence entre le prix international et le prix domestique est de l’ordre de 500 dollars par tonne explique Jacques de Boisséson, le président de Total China. La Chine consomme environ 200 millions de tonne d’essence et de gazole par an, c’est donc 100 milliards de dollars que la Chine doit donc subventionner pour éviter de mettre ses prix au niveau international”. Selon Pierre Terzian, président de la revue Petrostrategies et Europ’Energies, le gouvernement chinois est “pris en sandwich entre la volonté de maintenir des taux de croissance économique importants, la volonté de calmer les esprits en contenant l’inflation et de l’autre ces milliards de dollars en subvention laissent moins d’argent pour l’investissement dans la production nationale”.
Victimes de la volonté du gouvernement chinois de maintenir les prix à un niveau artificiellement bas, les géants pétroliers chinois se trouvent aujourd’hui dans une situation difficile. Pétrochina qui faisait une entrée fracassante en bourse en novembre 2007 en devenant la plus grande capitalisation de la planète a vu ses bénéfices reculer de 31% sur le premier trimestre 2008. Pour faire face au manque à gagner, Sinopec et Petrochina freinent leurs capacités de raffinement provoquant des pénuries de produits pétroliers dans les stations services. “Nos propres stations services sont confrontées à des difficultés d’approvisionnement” explique Jacques de Boisséson.
Les consommateurs chinois, eux, protégés par la hausse des prix n’ont pas reçu le “signal prix” qui devraient les inciter à baisser leur consommation. “Aujourd’hui on estime qu’un chinois consomme environ deux barils de pétrole par an note Pierre Terzian. C’est dix fois moins que la consommation d’un européen et quinze fois moins que celle d’un américain. Si les chinois suivent cette voie, on court à la catastrophe”.
Auteur: Marion Zipfel
This book, provided with a cd-rom, will give a global and fully view on China. Based on figures of the year 2004, it contains lots of interesting information about the natural conditions, the administrative division, the...
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