Introduction (Image: Radio86)08.12.2007, 16:15 GMT
Les Chinois s'appellent rarement par leurs noms complets à moins qu'ils ne soient des amis proches ou encore des membres de la famille immédiate. Lorsque les Chinois s'adressent à des personnes, la pratique courante invite à utiliser les titres tels que Monsieur, xiānshēng 先 生, Madame, fūren 夫 人, ou Mademoiselle , xiǎojiě 小 姐. Le titre est placé après le nom. Dès lors, Mademoiselle Zhuo se dit Zhuó xiǎojiě en chinois.
Le mot xiānshēng, “Monsieur”, se traduit littéralement “premier né”, et invite au respect. Toute personne né avant soi et donc plus vieille, a droit au respect dû à son âge. À quelques occasions xiānshēng est aussi utilisé pour “professeur”.
Les femmes ne changent pas de nom de famille lorsqu'elles se marient et c'est pourquoi Mademoiselle Liu, après avoir changé d'état civil, deviendra Madame Liu. À Hongkong ou Taiwan vous pouvez aussi entendre l'expression tàitai pour Madame. Le mot xiǎojiě, Mademoiselle, est aussi utilisé pour s'adresser à une serveuse dans un restaurant ou à une vendeuse. Xiǎo signifie “petit” et jiě s'emploie pour “sœur”. De nos jours, les serveuses sont souvent appelées xiǎomèi, qui se traduit en “petite, petite sœur”. La raison de cette altération est que le mot "xiǎojiě' est aussi utilisé pour dénommer ces geishas modernes qui accompagnent les invités dans les restaurants karaoké sān péi xiǎojiě 三 陪 小 姐”.
Le terme “camarade”, tóngzhì 同 志, était encore largement utilisé dans les années 70 et 80, mais plus tellement de nos jours – du moins pas entre collègues ou parmi les citoyens "moyens" chinois. Au lieu de cela, au travail, les gens appellent leurs collègue Lăo Wáng[(i], “vieux Wang”, ou [i]Xiăo Lĭ, “Jeune Li”. Ici, vieux et jeune ne renvoient pas réellement à l'âge en tant que tel, mais à la position dans la hiérarchie ou le statut.
Le mot shīfu 师 傅 réfère originellement à celui qui possède des compétences spécifiques, comme un charpentier, un calligraphe, un maître d'arts martiaux, etc. il contient la signification de pouvoir être un professeur. L'étudiant ou l'apprenti doit appeler son maître "shīfu". Aujourd'hui, shīfu s'emploie également, par exemple, pour nommer un chauffeur de taxi.
Les Chinois aiment utiliser des mots qui expriment la profession ou un statut social lorsqu'ils s'adressent à quelqu'un ou parle de quelqu'un. Cela souligne le fait qu'il portent une grande attention au rôle et au statut social de chaque individu – ce qui définit le mode d'interaction et comment les gens se comportent vis-à-vis des uns et des autres. Le nom de famille vient avant le titre, comme dans "docteur Zhang", Zhàng dàifu 张 大 夫, "comptable Li", Lǐ kuàijì ( 李 会 计), Professeur Liu, Liú lǎoshī 刘 老 师 etc.
La règle principale lorsqu'on s'adresse à des Chinois est que le nom de famille vient avant le titre, et est aussi placé avant le prénom de la personne. Cela trouve son origine dans la manière chinoise d'approcher le monde et ses phénomènes de la plus grande entité à la plus petite. Cela explique aussi pourquoi dans la société chinoise l'attention se porte sur les groupes sociaux plutôt que sur un seul membre du groupe. Un exemple concret de ceci est la manière dont les Chinois écrivent traditionnellement une adresse sur une enveloppe : premièrement ils écrivent le nom du pays, puis la ville, puis le nom de la rue, et finalement le nom du destinataire. Mettre le nom de famille devant le prénom implique que la famille est plus importante que tout membre individuel lui appartenant.
Dans les familles chinoises, les gens ne s'appellent pas par leur nom. Au lieu de cela, ils utilisent des mots indiquant leur relation. Il y a des douzaines de noms différents utilisés pour s'adresser à des sœurs plus jeunes ou plus âgées, des frères de tout âge, oncles et tantes du côté paternel ou maternel, le jeune frère de son épouse, la sœur aînée de son mari, la petite sœur de son père et le frère cadet de sa mère… et encore, c'est sans mentionner les appellations pour les cousins de tout âge. Il vaut mieux ne pas tous les apprendre en même temps.
Les enfants appellent leurs parents mère et père, et leurs grands-parents, grand-père et grand-mère – ici à nouveau il y a une différenciation dans l'appellation des grands-parents maternels et paternels. Les Chinois ont aussi l'habitude de donner des surnoms (xiǎomíng, “petit nom”) utilisés à l'intérieur de la famille, comme “Petit Tigre”, “Petit Gros”, “Petit Précieux”.
Auteur: Terhi Mikkolainen
Traduit par: Daniel Ernult
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