"Nuits d'ivresse printanières" : Lou Ye aborde le thème de l'homosexualité

"Nuits d'ivresse printanières" : Lou Ye aborde le thème de l'homosexualité

L'affiche du film
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La semaine passée sortait dans les salles françaises le film "Nuits d'ivresse printanières" de Lou Ye. Sélectionné au Festival de Cannes 2009, durant lequel il a reçu le prix du meilleur scénario, ce long métrage est un pur produit polémique car il évoque une relation homosexuelle masculine, sujet ô combien tabou en Chine.

Infidélité et trio amoureux

Le film commence par l'histoire d'une femme qui soupçonne son mari d'infidélité. Pour confirmer ses intuitions, elle engage un jeune homme, Luo Haitao, afin de pister son époux et découvrir la vérité. Elle ne se trompait pas, ou presque : son mari a bien une relation adultère, mais avec un autre homme.

Alors que le couple vole en éclat suite à cette découverte, l'intrigue prend un tournant des plus inattendus : une relation intime se noue entre Luo Haitao et l'amant qu'il traquait. Quand la petite amie du premier vient s'intercaler entre eux, les bases d'un trio amoureux incontrôlé et incontrôlable sont lancées...

Trop provocateur ?

Lou Ye est considéré en Occident comme l'un des réalisateurs chinois les plus talentueux, alors qu'en Chine, il est peu connu du grand public mais familier des organes de censure. Parmi ses premières œuvres, "Suzhou River" ou encore "Une jeunesse chinoise" avaient contribué à asseoir sa réputation de cinéaste unique.

La logique voulait donc que "Nuits d'ivresse printanières", tourné clandestinement à Nanjing -Lou Ye était interdit de tournage en Chine pendant cinq après «Une jeunesse chinoise »- soit très attendu par les observateurs.

Présenté à Cannes comme une coproduction franco-hongkongaise car la Chine n'aurait jamais donné son aval, le film a suscité des réactions mitigées. Si l'obtention du titre de meilleur scénario est un gage de qualité non-négligeable, beaucoup de cinéphiles connaissant le réalisateur ont estimé que ce dernier avait quelque peu perdu son style : le long-métrage a été perçu comme trop focalisé sur les sensibilités occidentales, et surtout sur la provocation plutôt que l'engagement social ou politique.

"Nuits d'ivresse printanières" ne rivalise donc pas avec les meilleurs œuvres de Lou Ye, il n'en reste pas moins intéressant pour son côté rebelle et briseur de tabous.