Lou Ye, le cinéaste rebelle

Lou Ye, le cinéaste rebelle

Lou Ye
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Présentation du réalisateur chinois Lou Ye, récemment honoré au Festival du Film asiatique de Deauville, mais souvent sanctionné en Chine pour ses films abordant les thèmes tabous de la société chinoise contemporaine.

Le dernier Festival du film asiatique de Deauville, du 10 au 14 mars 2010, a rendu hommage à deux réalisateurs chinois : Lu Chuan et Lou Ye.

Né en 1965 à Shanghai, le second nommé est souvent présenté comme l'un des plus grands rebelles du septième art chinois. Issu de ce que l'on appelle communément la sixième génération de réalisateurs (Zhang Yang, Jia Zhangke...), très portée sur les sujets polémiques, Lou Ye a une carrière à part : reconnu à l'étranger (trois sélections officielles au Festival de Cannes), il a surtout récolté des sanctions dans son pays...

Il faut dire que ce cinéaste bercé par l'œuvre du Japonais Akira Kurosawa a toujours eu le don de filmer à contre courant, et surtout contre le politiquement correct. Spécialiste des sujets tabous (homosexualité, Tian'anmen 1989, relations extra-conjugales...), il est donc habitué à la censure et aux interdictions.

Son tout premier film, "Week-end Lovers" a d'ailleurs été bloqué deux ans avant de sortir hors de Chine fin 1995.

En 1998, face à la difficulté éprouvé à trouver des producteurs pour ses longs métrages, il crée Dream Factory, l'une des premières maisons de production indépendantes en Chine. C'est grâce à ce canal qu'il peut mettre sur pied sa première œuvre internationalement reconnue : "Suzhou River" (2000) avec la sublime Zhou Xun, ce qui lui vaut les honneurs au Festival du Film de Paris.

Révélé au plan international, Lou Ye tente sa chance dans un style moins polémique et plus historique avec "Purple Butterfly" (2003), retenu au Festival de Cannes la même année.

Mais trois ans plus tard, sa nature refait surface quand il réalise "Une jeunesse chinoise", l'histoire d'une relation amoureuse sur fond de protestations estudiantines à Tian'Anmen en 1989.

Sélectionné (encore une fois) au Festival de Cannes malgré la désapprobation des autorités chinoises, Lou Ye se voit alors durement puni : cinq ans d'interdiction de réalisation en Chine continentale...

Mais il en faut plus pour stopper ce cinéaste rebelle : en 2009 "Nuits d'ivresse printanière" est filmé en catimini à Nanjing et enregistré comme co-production franco-hongkongaise pour passer outre la censure...

Pour la troisième fois, Lou Ye est en compétition au Festival de Cannes, et pour la première fois il ne repart pas les mains vides : le prix du meilleur scénario est attribué à son film...

Aujourd'hui, Lou Ye est un réalisateur reconnu des cinéphiles internationaux mais méconnu du grand public chinois... La censure y est pour quelque chose.

A lire : biographie détaillée de Lou Ye chez nos partenaires de Ici la Chine

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