Livre : Mémoire de Chine, de Xinran
Publié fin janvier, "Mémoire de Chine" est un livre/reportage signé de l'écrivain chinoise Xinran. On y retrouve une succession de portraits et rencontres avec les générations de Chinois qui ont vécu tous les grands changements du XXe siècle dans leur pays.
"Mémoire de Chine" de Xinran
Editions Philippe Picquier, traduction de Prune Cornet
L'auteur
Xue Xinran -dont le pseudonyme d'écrivain est tout simplement Xinran- est une ancienne journaliste radio née en 1958. Pendant la Révolution culturelle (1966-1976), ses parents sont jugés réactionnaires, elle et son frère étant donc placés dans un orphelinat spécialisé.
A partir des années 80, alors que la Chine en reconstruction et en phase d'ouverture a besoin de gens pour animer ses médias, Xue Xinran se voit confier la présentation d'une émission de radio où des femmes de tous horizons peuvent s'exprimer sur leurs vies, leurs peurs, leurs difficultés...
Sa carrière d'écrivain commence après 1997, et son installation au Royaume-Uni, pays qui lui a donné un mari et un fils. Depuis, elle a publié plusieurs ouvrages remarqués tels que «Chinoises», «Funérailles célestes» ou encore «Baguettes chinoises» et a tenu une colonne bimensuelle dans The Guardian sur les questions relatives à la Chine entre 2003 et 2005.
Le livre
«Mémoire de Chine» se veut être un message de la génération de Chinois ayant construit le pays durant les trois premiers quarts du XXe siècle, ces Chinois qui ont connu les profonds changements du pays entre les débuts de la République, la guerre avec le Japon puis le passage à la République populaire...
L'auteur a voyagé dans toute la Chine ou presque pour rencontrer des contemporains de ces époques un peu oubliées afin qu'ils racontent leurs histoires. Certaines apparaissent sorties d'une autre époque, comme celle du bandit Hu Feibao, qui sévit sur la route de la soie, et vit dans une société avec ses propres codes et héros.
Chaque histoire a son intérêt historique, à l'image du témoignage des pionniers du Xinjiang, notamment dans la ville construite de toute pièce de Shihezi : ces gens, dont nombreux ont succombé d'épuisement, ont dû lutter contre une nature hostile pour faire avancer la colonisation humaine dans l'ouest chinois, et ainsi servir leur «patrie».
Les récits de Xinran sont habillement écrits et permettent au lecteur de visualiser chaque scène avec facilité : les témoignages sont simples et efficaces, et l'auteur, malgré ses préjugés, parvient grâce à sa présentation journalistique, à réellement laisser transparaître des idées et conceptions différentes de siennes.
A travers le livre «Mémoire de Chine», qui se veut être un moyen de ne pas oublier les vieilles générations chinoises, on voit une succession de portraits de la Chine du début du siècle jusqu'à sa modernisation. Une succession de portraits de gens simples, qui ont souffert, mais qui n'ont aucun regret, pensant avoir fait ce qui était leur devoir.


