Les arts martiaux, une facette essentielle de la culture chinoise

Les arts martiaux, une facette essentielle de la culture chinoise

De futurs maîtres d'arts martiaux en action
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Quelle est la place des arts martiaux dans la culture et la société chinoises ? Nous avons tenté d'obtenir quelques réponses de base sur une question complexe et immense.

Quelle présence dans la vie quotidienne ?

Ce serait vulgariser à l'excès de dire que la majorité des Chinois d'aujourd'hui sont des pratiquants ou spécialistes d'arts martiaux. Néanmoins, il est vrai d'avancer qu'une majorité est en revanche familière avec les disciplines martiales et en a déjà pratiqué une dans sa vie, que ce soit à l'école, dans un parc ou lors de son service militaire.

Car les arts martiaux sont une partie importante, si ce n'est essentielle, de la culture chinoise. Plus encore, c'est un élément de base de la culture corporelle des Chinois : il peut expliquer notamment, comme pour d'autres Asiatiques d'Extrême orient, une meilleure conscience corporelle et une gestuelle souvent plus "harmonieuse" que chez les Occidentaux modernes.

Dans la vie de tous les jours, les arts martiaux peuvent même devenir un support de la vie sociale lorsque des groupes -notamment de personnes âgées- se rencontrent dans les parcs le matin pour s'exercer (voir notre article sur le parc Beiling). Il est également un outil d'éducation de première importance (enseignements dans les écoles et universités) voire un vecteur de promotion sociale pour certains pratiquants de haut niveau pouvant entamer des carrières d'éducateurs à plein temps, d'acteurs (Opéra, cinéma...) ou de sportifs professionnels.

Les différents types de pratiques

Le Taiji Quan, une pratique douce qui plaît aux personnes âgées
Le Taiji Quan, une pratique douce qui plaît aux personnes âgées (Source: CNS)

Vu d'Occident, on pourrait imaginer que la pratique des arts martiaux en Chine se fait essentiellement dans les temples, qu'ils soient bouddhistes ou taoïstes. Les célèbres monastères de Shaolin et Wudang sont des exemples très médiatiques parmi de nombreux autres plus méconnus.

Cette pratique "traditionnelle" est la plus prestigieuse, mais pas la plus représentative car moins accessible au grand nombre.

Pour de nombreux Chinois, la pratique des arts martiaux se résume donc souvent à un entraînement en groupe dans un parc le matin, ou dans une école de quartier. Celle-ci est tenue par un enseignant plus ou moins prestigieux, en fonction de ses faits d'armes et de ses origines familiales (la transmission du style d'une école se fait encore souvent de père à fils).

A côté de cela, la pratique des arts martiaux peut avoir trois autres aspects :
-religieux, avec certaines gestuelles martiales utilisées dans des rituels exorcistes
-culturel, à travers les différentes formes d'opéra chinois, dont le plus célèbre est "L'Opéra de Pékin", et qui comptent dans leur répertoire une large gamme de pièces dites martiales
-sportif, à travers le développement au XXe siècle de disciplines sportives basées sur les styles d'arts martiaux autochtones chinois.

Ce dernier aspect a notamment conduit au développement du Sanda, une boxe pied-poing dont la gestuelle combine les différentes écoles martiales chinoises, mais dont le règlement a été inspiré par les boxes occidentales. Les compétitions dites "techniques", font quant à elle plus penser à de la gymnastique sportive, puisqu'elles comportent souvent des acrobaties.

Présence dans le patrimoine culturel

Profondément ancré dans les habitudes de la société, les arts martiaux sont également une source d'inspiration artistique infinie en Chine. Un genre littéraire, le wuxia -comparable au genre cape et épée- est largement inspiré par la pratique des arts martiaux. Son importance est considérable : parmi les quatre grands classiques littéraires chinois, trois sont centrés sur des thématiques que l'on pourrait dire "martiales" : "Au bord de l'eau", "Les trois royaumes", "Le voyage en Occident".

Ce genre wuxia a même débouché sur une déclinaison cinématographique, le wuxia pian, au côté d'un cinéma d'arts martiaux à proprement parlé très important : tout le monde, y compris en Occident, connaît ses fers de lance, Jet Li ou Jackie Chan.

Ces deux genres ont débouché sur la création de nombreuses séries télévisées et films de qualités variables, et la naissance de certains blockbusters ayant conquis le marché chinois (voir le film Yipman 2) ou mondial.

Les arts martiaux chinois pour les Français et autres Francophones

Le Sanda, une expression sportive des arts martiaux chinois
Le Sanda, une expression sportive des arts martiaux chinois (Source: CNS)

Les arts martiaux chinois pratiqués en France sont de manière générale comme la nourriture : adaptés au public local. Cela ne signifie pas forcément qu'ils sont mal enseignés ou totalement dénaturés. Mais bien souvent, les méthodes et les objectifs de pratique sont différents de ce que l'on voit en Chine. Ce qui est très logique dans la mesure où les individus et communautés déterminent le sens de leur propre pratique.

Quant à ceux de nos compatriotes francophones qui souhaiteraient se frotter à un véritable enseignement chinois en Chine, plusieurs options existent. La plus coûteuse, mais pas forcément la plus efficace, consiste à passer par les réseaux d'Occidentaux : vous trouverez alors un enseignement dans votre langue ou au moins en anglais, mais l'authenticité pourrait faire défaut, et les prix être élevés.

De manière générale, le mieux consiste à s'intégrer à la vie d'un quartier, faire des rencontres et développer des contacts avec de "vrais" Chinois. Car vos amis chinois, et leurs réseaux de relations seront vos meilleurs gages pour rencontrer un professeur de qualité et respectueux de ses élèves.

Quant à savoir si l'accueil sera bon, cela dépendra principalement de votre attitude. Que vous soyez Chinois ou non, si vous êtes irréprochable vous susciterez respect et sympathie.