"L'art de la guerre" de Sunzi avec Valérie Niquet
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Valérie Niquet, directrice du centre Asie de l’IFRI, est à l’origine de la première traduction en français de “L’Art de la guerre”, le premier traité de stratégie militaire du monde.
Elle nous guide vers une meilleure compréhension de cet ouvrage indispensable également pour appréhender la culture chinoise.
“Le bon général a gagné la bataille avant de l’engager”, ” Connais l’adversaire et surtout connais toi toi-même et tu seras invincible”, “Celui qui n’a pas d’objectifs ne risque pas de les atteindre”, “l’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat”.
Ces maximes aujourd’hui répandues et connues d’un très grand nombre sont directement puisées du premier traité de stratégie du monde, “L'art de la guerre” rédigé par Sun Zi il y environ 25 siècles en Chine.
Ce traité, composé de 13 chapitres, énonce de nombreux pincipes stratégiques, qui ont largement dépassé le cadre militaire et les frontières de la Chine. Sun Zi écrit “comment faire la guerre” et ne se pose pas la question du “pourquoi faire la guerre”.
En mettant l'accent sur l'aspect psychologique et moral du combat, en prenant en compte les situations politiques, économiques et diplomatiques, cet ouvrage a séduit dirigeants, hommes politiques qui y puisent leur inspiration et certains semblent avoir été particulièrement attirés par sa définition de la stratégie, la stratégie est l'art du mensonge.
L’auteur de “L’Art de la Guerre”, Sunzi, aurait vécu à la période des royaumes combattants (Ve-IIIe siècle avant notre ère). Il appartenait au courant des experts appelés auprès des différentes cours de Chine pour conseiller le Prince sur l’art de la guerre et donc de gouverner.
Quelques principes essentiels:
Le principe d’économie: Pour Sunzi, la guerre est un élément essentiel qui doit être étudié par tous les chefs d’états car il en va de la survie de l’Etat mais il insiste également sur le fait que la guerre est coûteuse.
A la différence de la conception occidentale, il n’y a pas pour Sunzi de “guerre pour l’honneur”. “La guerre doit être utilisée si elle est utile” explique Valérie Niquet. Mais cette guerre doit être réalisée à l’économie en utilisant notamment tous les éléments de ruse. Ce qui est essentiel chez Sunzi, c’est de remporter la guerre sans combattre.
Un autre concept fondamental chez Sunzi, mais aussi plus universel, est celui de la nécessité d’assurer l’initiative. Il est déterminant de mener l’adversaire et non de se laisser mener par lui.
Sunzi par rapport aux stratèges occidentaux
Même si Machiavel ne pouvait pas avoir lu Sunzi car la, première traduction remonte au XVIIIe, ils partage la notion du “gouvernement par la ruse”. En revanche, Sunzi s’oppose à Carl Von Clausewitz,
stratège allemand du XIXe dans la mesure où il ne s’agit pas pour le stratège chinois de détruire l’adversaire. Au contraire, il vaut mieux tenter de gagner l’adversaire à soi et si possible d’intégrer ses troupes dans son armée.
SunZi dit: “Le pire c’est d’attaquer les vils de l’ennemi, le mieux c’est de s’attaquer à sa stratégie”.
Unouvrage qui dépasse le cadre militaire
L’art de la guerre n’est pas seulement un ouvrage militaire mais il permet également d’appréhender plus généralement le mode de pensée chinois.
Par la modernité de son discours, la simplicité de l’écriture, la prise en compte de facteurs psychologiques, l’utilisation de l’Art de la guerre a largement dépassé le cadre militaire.
Economistes, diplomates, hommes politiques en ont fait leur livre de référence.
Selon Valérie Niquet, il faut également retenir le très grand pragmatisme qui se dégage de cet ouvrage, une notion essentielle dont il faut tenir compte pour aborder les négociations avec les Chinois.
“L’art de la guerre” de Sunzi traduit par valérie Niquet aux éditions Economica (1999)

