Hou Yi et le noble art de l’archerie
La mythologie chinoise relate l’histoire de Hou Yi, archer légendaire, qui vivait à l’époque où il y’avait encore dix soleils illuminant le ciel. Normalement ces dix soleils brillaient, chacun à leur tour, mais pour des raisons inconnues, ils se sont mis à briller tous en même temps, rendant la terre inhabitable pour les humains.
La chaleur accablait la terre sans relâche et tout ce que les agriculteurs plantaient, brulait quasiment instantanément sous la lumière torride de ces dix soleils. Les gens décidèrent alors d’appeler Hou Yi à la rescousse. Le divin archer faisait mouche sur neuf des dix soleils, n'en laissant qu'un seul, celui qui d’ailleurs nous éclaire encore aujourd’hui. Hou Ji ne faisait rien de moins que sauver l’humanité toute entière, ce qui explique la considération, voire la vénération, que portent les chinois à l’archerie.
En Chine et dans bien d’autres parties du monde, l’arc et la flèche ont été utilisés pour chasser et servir d’arme durant les conflits. L’archerie était également pratiquée par les empereurs des premières dynasties chinoises et faisait partie intégrante de l’éducation des jeunes membres de la classe supérieure, au même titre que la poésie, les mathématiques et les autres disciplines classiques.
L’arc et les flèches figuraient dans l’arsenal de l’armée chinoise à partir de la dynastie Shang (1600-1046 AV JC) et ont été utilisés comme arme jusqu’aux derniers moments de la dynastie Qing (1644-1911).
L’avènement des armes à feu et la modernité a changé la donne. Les chinois ont dû faire appel à des moyens plus efficaces pour lutter contre les puissances de l’ouest marchant sur le pays. Durant cette période, l’archerie tombe aux oubliettes, mais demeure néanmoins un art martial de la tradition wushu.
Selon les principes wushu, décocher une flèche est un exercice spirituel, une pratique mentale dont la décomposition du mouvement fait alterner relaxation et tension et qui, par dessus tout, nécessite de la concentration. La position de tir des archers chinois est différente de celle adoptée dans les autres pays. En Chine, le tireur a les pieds écartés et les genoux très repliés. Cette posture requiert de l’équilibre, elle facilite cependant la respiration, la circulation sanguine, le contrôle des muscles et la concentration.
L’archerie peut être considérée comme une des formes de l’art chinois qi gong. Dans le qi gong, le corps et l’esprit ne font qu’un, la respiration engendre cette symbiose et permet également d’accéder à une autre dimension de la conscience. Décocher la flèche et atteindre la cible est l’accomplissement d’une signification métaphysique.
Les arcs chinois sont traditionnellement fabriqués en bois ou en bambou pour la partie solide et en tendons d’animaux pour la corde. Cette dernière est tendue à l’aide du pouce et du majeur, les autres doigts étant pointés vers le haut. Les flèches sont habituellement confectionnées en bambou.
Ces dernières années, la Chine n’a pas particulièrement brillé dans les compétitions internationales, qu’en sera-t-il l’an prochain pour les Jeux Olympiques? Est ce que Hou Yi viendra une nouvelle fois à la rescousse de ses compatriotes et des héritiers de ce noble sport ?

