Henry Pu Yi, d’empereur à citoyen
Pu Yi, le dernier empereur chinois, n’a pas eu une vie ordinaire même après son abdication. Il reste dans la cité interdite jusqu’en 1924 quand le chef de guerre Feng Yuxiang réussit un coup d’État et l’assigne à résidence, avec toute sa cour, dans l’hôtel particulier se son père.
Lorsque Pu Yi a seize ans, il est décidé que le temps est venu pour lui de se marier. Ses conseillers lui montrent des images de quatre jeunes filles mandchoues et lui demandent d’en choisir une. Il choisit une jeune fille âgée de treize ans, Wen Hsiu, que ses conseillers considèrent trop moche pour devenir impératrice. Ils lui en font choisir une autre, Wan Jung, également appelée Elizabeth, qui est issue d’une famille riche et qui est considérée comme "acceptable". Dans la mesure où Pu Yi avait exprimé de l’interêt pour Wen Hsiu, il devait être marié à quelqu’un d’autre. Pu Yi la prend pour concubine.
Un tuteur britannique
Avant que Pu Yi et sa cour ne soient écartés de la cité interdite, les mandchous conservent l’espoir de le laisser sur le trône. Ils pensent qu’en maintenant des relations avec les puissances de l’ouest, ils pourront atteindre ce but. C’est la raison pour laquelle Pu Yi commence à apprendre l’anglais à l’âge de treize ans.
Son professeur, Reginald Johnston, est un officier du bureau colonial britannique. Johnston n’est pas vraiment un enseignant mais exerce une grande influence sur Pu Yi. Sous sa conduite, ce dernier s’interésse à ce qui vient de l’ouest, au point de demander à Johnston de l’aider à lui trouver un nom anglais. Parmi la liste des noms de souverains anglais que lui procure Johnston, Pu Yi choisit Henry.
Johnston est le premier a remarquer que Pu Yi a besoin de lunettes. En dépit de l’objection de ses conseillers qui trouvent que le port de lunettes fait trop occidental, Pu Yi en obtient une paire qu’il portera jusqu’à la fin de sa vie.
Empereur de Manchukuo
L’armée japonaise envahit la Mandchourie en 1931. L'année suivante, ils proposent de faire revenir clandestinement Pu Yi. Ce dernier est resté sous protection japonaise, dans leur ambassade de Pékin et plus tard à Tientsin, sur la côte chinoise, endroit dans lequel ils ont beaucoup d'influence.
Pu Yi est nommé régent du nouvel état indépendant de Manchukuo en 1932. Deux ans plus tard il est couronné emprereur. Il n'est, en fait, qu'une marionette au mains des japonais qui prennent toutes les décisions, y compris celles le concernant personnellement.
Les japonais lui mettent la pression pour se marier avec une nippone mais il épouse tout de même une mandchoue du nom de Yu-ling. Six ans après leur mariage Yu-Ling décède, vraisemblablement empoisonnée par un médecin japonais. On lui demande de nouveau de choisir une épouse, il opte pour une jeune fille mandchoue de 15 ans Li Yuqin, qui a fait ses études dans une école japonaise.
La Mandchourie devient la base militaro-industrielle du Japon durant la seconde guerre mondiale. A la fin de la guerre, les sovétiques envahissent la Mandchourie, Pu Yi et sa cour, sont de nouveau forcés a l'exil. Après la rédition japonaise, Pu Yi, abdique une nouvelle fois. Les soviétiques l'assignent à résidence surveillée en URSS. Pu Yi est contraint à témoigner contre les criminels de guerre japonais en 1946.
Réeducation et reforme
Pu Yi ne peut retourner en Chine qu'en 1950. Il est immédiatement incarcéré dans un camp de prisonniers pour être réeduqué. Il reste dans le camp durant neuf ans. Il est libéré en 1959, une fois que Mao Zedong le grâcie.
Il retourne vivre dans la maison de son père. En 1962, il épouse une infirmière d'un modeste hôpital de Pékin, Li Shuxian. Il est membre d'une commission politique consultative du peuple de 1964 à sa mort, en 1967. La métamorphose de l'empereur au citoyen est achevée.

