Exposition 'Empreintes de Chine' au Centre culturel de Chine : à la découverte de l'art de la gravure sur sceau chinois

Exposition 'Empreintes de Chine' au Centre culturel de Chine : à la découverte de l'art de la gravure sur sceau chinois

Exposition Empreintes de Chine : Art de la gravure sur sceau de Li Lanqing
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Organisée par le Ministère de la Culture chinois et l'Ambassade de la République populaire de Chine en France, l'exposition 'Empreintes de Chine : Art de la gravure de sceau de Li Lanqing' se tient jusqu'au 14 novembre 2009 au Centre culturel de Chine. Une occasion pour le public français de découvrir un art méconnu, et de pénétrer dans l'univers d'un ancien haut dirigeant chinois, Li Lanqing.

Note :
La gravure sur sceaux chinois consiste à graver des caractères d'écriture chinois avec l'aide d'un burin sur différentes matières (métaux, jade, pierre, grès rouge...). Le sceau ainsi créé est trempé dans de la pâte à cachet rouge, avant d'être apposé sur un papier.

Dans l'ombre de la calligraphie

Dans l'immense patrimoine culturel chinois, l'écriture est souvent présentée comme un art à part entière. Tout sinophile connaît ainsi la calligraphie (shufa en chinois), discipline consistant à tracer avec style et grâce des sinogrammes.

L'art de la gravure sur sceau fait lui aussi partie des arts traditionnels chinois tirant leur essence dans l'écriture. Néanmoins, il reste globalement méconnu du public non chinois, bien qu'il soit très répandu et visible. Un exemple ? Le logo des derniers Jeux olympiques, en 2008 à Pékin, comporte une gravure sur sceau dans sa partie supérieure...

La pratique de cet art est beaucoup moins accessible au grand public que ne l'est la calligraphie. Cela s'explique premièrement par ses supports, métal, jade, pierre ou encore porcelaine : autant il est facile de se procurer une feuille de papier, et de s'y faire la main, autant il faut déjà faire preuve d'une grande habilité pour travailler sur une structure plus solide.

Li Lanqing
Li Lanqing (Source: Crédit : Centre culturel chino)

De plus, l'artiste calligraphe travaille en général sur une surface plus grande, on pourrait dire du format A4, quand l'artiste graveur sur sceau construit son ouvrage sur des périmètres infimes.

L'écriture sigillaire pour base

L'écriture chinoise a connu différentes phases dans sa longue histoire, et celles-ci ont donné naissance à autant de styles. L'art de la gravure sur sceau emploie généralement le style zhuan, traduit par «style sigillaire» ou «écriture sigillaire».

Remontant à la période des Royaumes combattants (475-221 avant J.C.), et trouvant son apogée sous la dynastie Qin (221-206 avant J.C.), l'écriture sigillaire est le plus ancien style encore utilisé en calligraphie. Il se définit par des traits arrondis et avec géneralement peu ou pas d'angles. C'est une forme d'écriture proche des dessins et pictogrammes primitifs, ce qui donne ainsi beaucoup de liberté à celui qui les traces.

Un mode d'identification devenu art

La gravure sur sceau a une longue histoire en Chine. A ses origines, notamment à l'époque précedemment citée des Royaumes combattants, cette discipline avait une utilité essentiellement pratique : indiquer le nom et les titres de leurs propriétaires, ce qui en faisaient le plus souvent des signatures, en quelque sorte une carte de visite antique. Concernant les différents pouvoirs en place, les sceaux représentaient pour eux un symbole et un moyen d'authentification de l'autorité.

C'est principalement à partir de la dynastie Ming (1368-1644), que la gravure sur sceau a évolué vers le statut d'art à part entière : les lettrés se sont appropriés la discipline, usant le plus souvant de supports en pierre, et en ont fait un moyen d'expression artistique. Les types de gravure se sont alors multipliés, avec des contenus diverses dans lesquels les auteurs recherchaient avant tout la beauté et l'originalité.

L'exposition au Centre culturel de Chine à Paris

Depuis le 9 octobre, et jusqu'au 14 novembre 2009, le Centre culturel de Chine à Paris propose donc au public de découvrir l'exposition 'Empreintes de Chine : Art de gravure sur sceau de Li Lanqing'. Organisée en partenariat par le Ministère de la Culture chinois et l'Ambassade de la République populaire de Chine en France.

La manifestation se veut faire découvrir au public parisien un art méconnu en Europe, mais pourtant profondément enraciné dans la culture chinoise. Dans ce but, 270 oeuvres de gravure sur sceau réalisées par Li Lanqing sont exposées dans les locaux du Centre culturel de Chine.

Li Lanqing, haut fonctionnaire de carrière, âme d'artiste

Logo des Jeux olympiques 2008
Logo des Jeux olympiques 2008

Pour saisir l'intérêt de l'exposition 'Empreintes de Chine', il est important de savoir qui est l'auteur des oeuvres qui y sont présentées. Diplômé à l'Université Fudan en 1952 (licence gestion d'entreprises), Li Lanqing est ensuite parti étudier à Moscou.

Sa carrière l'a mené du monde de l'industrie automobile à celui de la politique. Il a exercé de multiples fonctions comme celles de vice-maire de Tianjin, ministre du Commerce extérieur ou encore membre permanent du Bureau Politique du Comité Central du Parti Communiste chinois.

Mais Li Lanqing, plus qu'un important dirigeant dans son pays, est passionné par les arts et la culture. Après avoir pris sa retraite, il se consacra à l'art de la gravure sur sceau. Ses oeuvres exposées au Centre culturel de Chine ont été sélectionnées par ses soins, et sont autant de références à ses centres d'intérêts : la culture chinoise, la Chine d'aujourd'hui ou encore de grands personnages non chinois tels Mozart, Zola et tant d'autres...

'Empreintes de Chine' est donc une plongée dans son univers, et ainsi une bonne occasion de redécouvrir la Chine, sa culture, son histoire, via le regard d'un de ses éminents personnages.