"Chine inconnue, Peuples Naxi du Yunnan" par Annie Reffet

"Chine inconnue, Peuples Naxi du Yunnan" par Annie Reffet

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Chine inconnue, Peuples Naxi du Yunnanpar Annie Reffet paru aux éditions Soline.


Annie Reffet, photographe, nous emmène à la découverte de la minorité Naxi dans le Yunnan.
Une région aussi grande que la France qui s'étend du plateau tibétain aux portes du Viet Nam, du Laos et de la Birmanie. Le Yunnan, « la province en dessous des nuages » possède également la plus grande variété ethnique avec 24 minorités différentes.
On compte environ 260 000 Naxi vivant à la jonction des provinces du Yunnan, du Sichuan et du Tibet.

Les Naxi

Les Naxi sont issus des nomades Qiang, des pasteurs originaires du Tibet et venus s'installer dans le Yunnan. La culture Naxi est caractérisée par une écriture pictographique propre différente de l'écriture chinoise Han. Plus de 2000 caractères pictographiques ont été crées pour exprimer leurs coutumes et témoignent de la vie quotidienne des ancêtres des Naxi. Ces caractères ressemblent à des petits dessins naïfs. Ainsi le caractère « arbre » ressemble à un arbre. Cette écriture pictographique servait aussi à transmettre les récits mythologiques de la religion traditionnelle Dongba, qui tire son nom de ses prêtres que l'on appelle les «*Dongba*». La religion Dongba est imprégnée de la religion pré-bouddhiste et aujourd'hui on peut dire qu'elle est une sorte de paganisme lamaïsé ou encore une forme d'animisme chamanique. Les Dongba en assurant la transmission de l'écriture pictographie sont les véritable gardiens de la culture Naxi. Une culture qui tend aujourd'hui à se disperser et à disparaître

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Les Naxi ont installé leur capitale à Lijiang, « la petite Venise » située à 2400 mètres d'altitude. Pont voûtés, petite venelles pavées, maisons en bois, cette petite ville nichée au pied de la Montagne du Dragon de Jade est inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997. Aujourd'hui avec le développement du tourisme et ses 5 millions de visiteurs par an, la culture Naxi survit mais au prix d'une certaine folklorisation

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Les Moso:une des dernières sociétés matrilinéaires au monde

A moins d'une centaine de kilomètres de Lijiang dans une contrée magique, aux bords du Lac Lugu se trouve le « pays des femmes, le pays des amazones ». C'est le pays Na ou Moso, issu des Naxi. Cette communauté de plus de 30 000 individus est l'une des dernières sociétés matrilinéaires au mondes décrite et étudiée par l'anthropologue chinois Caihua dans son ouvrage : « Une société sans père ni mari ». Cette société qui a adopté la monogamie depuis trois siècles a survécu à la sinisation et à la Révolution culturelle.

Chez les Moso, chaque clan comprend plusieurs générations et vit sous l'autorité de la Dabu, la doyenne de la lignée. Les hommes et les femmes ne vivent pas en couple mais chacun dans sa famille d'origine. Les hommes vont passer la nuit dans la maison de la jeune femme et rentrent chez eux à l'aube. Une femme peut avoir plusieurs partenaires car chez les Moso « la fidélité n'est ni une vertu, ni une contrainte » explique Annie Reffet. Les enfants sont élevés par les oncles de la mère qui remplacent le père .Seule l'ascendance féminine est prise en compte et la transmission du nom comme des biens est exclusivement féminine. La notion de père est inexistante. Chez les Moso, les hommes sont dispensés de travail et vaquent en groupe à leurs occupations voire à leur inactivité. Les femmes en groupe assurent l'essentiel du travail pour la subsistance quotidienne. A la différence des Naxi, les Moso ne possèdent pas leur écirture. C'est la Dabu qui transmet oralement les traditions de cette rare société matriarcale.

Les bords du Lac Lugu, du côté du Yunnan sont devenus très touristiques, mais il suffit de traverser le lac, privilège réservée aux femmes, pour se retrouver du côté du Sichuan, plus authentique.