Cannes 2010 : gros plan sur la présence chinoise
Pour cette 63e édition du Festival de Cannes, du 12 au 23 mai, deux films chinois ont été retenus : "Chongqing Blues" de Wang Xiaoshuai en compétition officielle, et "I wish I knew" de Jia Zhangke dans la catégorie "Un certain regard".
Si on entre dans le jeu des comparaisons, ce cru 2010 rivalise difficilement avec celui de 2009 : quatre films chinois avaient été retenus dans la compétition officielle. Encore mieux, ils représentaient chacun une "branche" du riche patrimoine cinématographique chinois.
"Nuits d'ivresses printanières", de Lou Ye, qui est reparti avec le titre du meilleur scénario, représentait la Chine continentale, "Vengeance" de Johnnie To, avec Johnny Halliday dans le rôle principal, portait haut les couleurs de Hongkong, avec "Visage", Tsai Mingliang faisait de même pour Taïwan. Enfin, avec la production américaine "Taking Woodstock", Ang Lee, le réalisateur du célèbre "Tigre et dragon" en 2000 (Oscar du meilleur film étranger), s'apparentait à un symbole de la diaspora chinoise.
A cette distribution haut de gammes, on pouvait également ajouter la présence du documentaire "Petition", de Zhao Liang, dans le cadre des séances spéciales, et la mise à l'honneur de Song Fang, second prix de la cinéfondation pour le court métrage "Goodbye".
Pour 2010, les fans de cinéma chinois doivent donc se contenter de deux œuvres : "Chongqing Blues" de Wang Xiaoshuai pour la compétition officielle, et "I wish I knew" de Jia Zhangke dans la catégorie "Un certain regard".
Chongqing Blues
Wang Xiaoshuai n'est pas un inconnu des festivals internationaux, il a notamment été distingué par le Grand Prix du Jury à Berlin en 2001 pour "Beijing Bicycle", ou avec le prix du jury à Cannes en 2005 pour "Shanghai Dreams".
Son long-métrage "Chongqing Blues" raconte l'histoire d'un capitaine de la marine qui rentre chez lui après un voyage de six mois. Il apprend que son fils de 25 ans a été abattu par la police, et se rend à Chongqing pour faire la lumière sur ce drame. Au fil de ses recherches, il va comprendre à quel point son absence a pesé sur la vie de son fils...
Les premières critiques ont parlé d'une œuvre appliquée et bien filmée, mais manquant du supplément d'âme qui en ferait un chef d'œuvre. Au casting, on retrouve le vétéran Wang Xueqi, récemment à l'honneur à Hongkong avec "Bodyguards and assassins", Qin Hao, l'un des acteurs du controversé "Nuits d'ivresse printanières" de Lou Ye, et Fan Bingbing, l'une des plus belles actrices chinoises du moment.
I wish I knew
Retenu dans la catégorie "Un certain regard", "I wish I knew" est un film très attendu en raison de l'identité de son créateur : Jia Zhangke, considéré comme le fer de lance de la 6e génération de réalisateurs chinois.
En compétition officielle à Cannes en 2002 avec "Plaisirs Inconnus" et en 2008 avec "24 City", ce jeune cinéaste de 40 ans a pour plus grand fait d'armes l'obtention d'un Lion d'or à la Mostra de Venise 2006 pour "Still Life", son long métrage sur le barrage des Trois Gorges.
Jia Zhangke propose dans "I wish I knew" un documentaire-fiction qui dessine les portraits de 18 personnes ayant vécu les profonds changements de Shanghai depuis les années 1930. En pleine année d'exposition universelle, il ne pouvait pas mieux tomber...
Le Festival de Cannes 2010 se tient du 12 au 23 mai 2010.
En compétition officielle : Chongqing Blues (Rizhao Chongqing) de Wang Xiaoshuai
Un certain regard : I wish I knew (Hai Shang Chuanqi) de Jia Zhangke

