Que mangent les moines bouddhistes?
"Ils ont dit quoi? yum?” (miam-miam en anglais)
"Ne soyez pas stupide! Ils ont dit om”.
Ne vous-êtes vous jamais demandé si les moines qui sont à la table voisine, récitent une mantra ou bien tout simplement se délectent de ce qu'ils ont dans leur assiette? Un regard plus précis sur la diète bouddhiste nous permettra d'obtenir quelques éléments de réponse.
Les textes saints de nombreuses religions préconisent l'interdiction de certains types d'aliments. L'islam et le judaïsme, par exemple, n'autorisent pas la consommation de viande de porc et l'hindouïsme interdit de manger des vaches. Nulle interdiction de ce type dans le bouddhisme. Les Bouddhistes un peu plus modernes et un peu moins religieux ont une alimentation comparable à la nôtre, Occidentaux. Les plus religieux d'entre-eux font en revanche face à davantage de restrictions pour composer leurs menus. Pour les moines et les nonnes qui privilégient la cuisine traditionnelle bouddhiste, vous ne trouverez aucune trace de viande dans leurs repas et l'utilisation des épices est limitée.
Trop excité pour manger
Buddha lui-même n'a jamais interdit aux pratiquants de manger de la viande mais a conseillé aux fidèles de n'en manger que si l'animal n'avait pas été tué de manière délibérée pour sa consommation. Les bouddhistes croient en la réincarnation des humains en animaux et c'est la raison pour laquelle ils ne souhaitent faire de mal à aucun être vivant. Les adeptes qui se nourrissent en pratiquant l'aumône ont l'obligation de manger tout ce qu'on leur offre que ce soit de la viande ou même de la nourriture avariée. Du moment que l'origine de cette nourriture reste inconnue, ils peuvent manger de tout en toute bonne conscience. Par contre si le pratiquant sait qu'un animal a été tué volontairement dans le but de le manger, il est alors en droit de refuser.

Dans les monastères d'aujourd'hui, on trouve généralement un cuisinier qui prend soin des besoins nutritionnels des moines, qui sont composés essentiellement d'ingrédients végétaliens et encore, certains sont proscrits. Vous trouverez rarement dans l'assiette d'un moine ce qu'ils appellent "les cinq herbes épicées", à savoir l'ail, l'oignon, les poireaux, les échalotes et la ciboulette. Ces denrées sont supposées emoustiller les sens ce qui ne correspond bien entendu pas à l'objectif des moines qui est de contrôler leur désir et de vivre en toute quiétude. Il va sans dire que l'alcool et les drogues entrent également dans les usages prohibés.
Juste une source de nutrition
Pour les moines et les nonnes bouddhistes, la nourriture n'est qu'une source de nutrition et pas un plaisir. C'est la raison pour laquelle ils s'abstiennent de manger l'après-midi. Moins de temps passé à manger en laisse davantage pour la quête spirituelle.
Toutefois, comme mentionné précédemment, ces règles ne s'appliquent qu'aux adeptes d'un boudddhisme rigoureux. Les nouveaux venus à la religion, voire les convertis, ne sont pas obligés de respecter ces préceptes contraignants. Mais plus on est dévoué à la cause, plus on devient végétalien et plus on bannit de son alimentation les fameux "herbes épicées". Pour les autres, la liberté est de mise et il leur appartient de gérer leurs désirs instinctifs.
Pour en revenir à notre question initiale, les moines disaient-ils "yum" ou "om"? Et bien... selon toute vraisemblance, ils récitaient leurs mantras... Ou alors, vous vous êtes trompé et vous avez bel et bien entendu des "miam-miam", mais ils provenaient d'une table voisine où de jeunes étudiants chinois se réjouissaient à l'idée de faire honneur à un splendide buffet à volonté.

