Tout le monde ne blâme pas la Chine pour ces émissions de CO2
Dans un entretien accordé à la BBC, un officiel anglais en charge des questions sur le changement climatique rejette toutes les condamnations sur les émissions de CO2 de la Chine. Il estime que c'est le rôle des pays occidentaux de montrer l'exemple et de prouver que développement et protection de l'environnement peuvent aller de paire.
John Ashton, responsable des questions sur le changement climatique au bureau des affaires étrangères, soutient que les pays occidentaux doivent établir un développement faible en carbone sur lequel la Chine pourra ensuite s'inspirer.
"Nous avons besoin de convaincre la Chine qu'ils n'ont pas à choisir entre la prospérité et la protection du climat. Nous avons besoin de les aider à aller vers un futur faible en carbone", a confié Ashton au média anglais.
Les questions et les blâmes viennent de toute part en ce qui concerne les émissions de gaz carbonique du géant asiatique. Régulièrement mise sur la sellette pour privilégier sa croissance économique aux dépens de l'environnement, la Chine a pourtant été une des premières nations à fixer des objectifs, certes non quantifiés, sur ses émissions de gaz à effet de serre.
L'agence environnementale néerlandaise vient par ailleurs de révéler que les émissions l'Empire du Milieu ont augmenté de 9 % lors de la dernière année, par rapport à 1,4 % pour les États-Unis. Un rapport suggère que la Chine serait dors et déjà le premier pollueur mondial, bien plutôt que ne l'avaient prévu les estimations.
Mais la Chine est-elle la seule à blâmer ?
Pas pour l'officiel anglais qui rappelle que "la plupart des gaz à effet de serre dans l'atmosphère y ont été mis par les pays développés sans la contrainte de devoir se soucier du climat. Cela signifie que nous assumer la principale partie de la responsabilité".
Il ajoute que les émissions de gaz de la Chine sont avant tout dues à la consommation dans les pays occidentaux du fait que ce sont nos pays qui achètent des biens chinois. De plus le taux d'émission par habitant en Chine est largement plus bas que ceux des citoyens des pays développés.
Dans le même article de la BBC, John Souven, directeur de Greenpeace au Royaume-Uni ne dit pas autre chose.
"N'oublions pas que la moyenne des émissions par Chinois n'est que de 3,5 tonnes de CO2 par an, alors que les Britanniques émettent près de 10 tonnes et les Américains 20 tonnes".
Pour lui aussi, "la responsabilité de l'explosion des émissions de la Chine ne se trouve pas uniquement à Pékin, mais aussi à Washington, à Bruxelles et à Tokyo".
Pour ce responsable de Greenpeace il faut même aller plus loin que simplement montrer l'exemple. "Nous devons exporter des technologies d'énergie propre en Chine pour accroître les énergies faibles en carbone et renouvelables de manière à ce que les produits que nous importons aient une plus petite empreinte carbonique (mesure de gaz carbonique émis par la consommation d'énergie fossiles) plus petite".

