Mesures anti-dumping de l'UE : la Chine en appelle à l'OMC
C'était dans l'air du temps et cela s'est confirmé jeudi : la Chine a porté plainte contre l'Union européenne auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), en protestation du prolongement des mesures anti-dumping sur les chaussures made in China.
Selon Pékin, la prolongation de 15 mois des mesures anti-dumping sur les chaussures en cuir chinoises et vietnamiennes décidée par les 27 pays membre de l'Union n'est pas acceptable : ces taxes "violent les règles de l'OMC et portent atteinte aux droits et intérêts légitimes d'entreprises chinoises", a indiqué le porte-parole du ministère chinois du Commerce Yao Jian.
Pour la Chine, il s'agit de protectionnisme et d'atteinte à la liberté du marché, ce que les importateurs et détaillants européens semblent également penser puisqu'ils militent pour une levée de ces taxes, qui selon eux, font perdre de l'argent aux consommateurs.
L'UE, qui a commencé à imposer ces taxes en octobre 2006, estime être dans son bon droit : "avec les mesures antidumping, il ne s'agit pas de protectionnisme. Il s'agit de combattre le commerce déloyal. Donc, à cet égard, nous considérons que c'est la bonne action à mener" a expliqué le porte-parole de la Commission chargée du commerce, John Clancy.
Ajoutant que Bruxelles avait pris note du processus de plainte amorcé par Pékin, le représentant européen a affirmé qu'il existait des preuves manifestes de dumping chinois au détriment de l'industrie européenne également...
Les taxes sont de 9,7% à 16,5% pour les chaussures chinoises et de 10% pour les chaussures vietnamiennes. Selon l'UE, elles n'ont pas fait grimper les prix de manière significative puisqu'un article de 50 euros augmente de moins de 1,50 euros avec ces mesures.
Dorénavant, va s'ouvrir une période de consultation de 60 jours, à la fin de laquelle Pékin pourra demander la mise en place d'un groupe d'enquête. Dans le cas où l'OMC donnerait raison à la Chine, celle-ci aurait le droit d'imposer des droits de douanes encore plus élevés sur des produits européens.

