Les 10 personnalités les plus influentes de Chine en 2009 selon le magazine Talk
Le magazine Talk, basé à Shanghai, a publié sa liste annuelle des personnalités les plus influentes de Chine. Celle-ci ne comporte aucune femme en dépit des profils variés sélectionnés.
Le classement proposé par le magazine Talk se veut récompenser ce qui ont apporté la plus grande contribution dans leurs domaines respectifs, à savoir faire du bénéfice pour les hommes d’affaires, faire avancer la cause sociale ou la transparence politique pour d’autres...
Ainsi, Bo Xilai, maire et chef du parti communiste à Chongqing s’installe sur la première marche dans la catégorie “réformateurs” grâce à sa médiatique et ambitieuse campagne anti-corruption dans son fief. Les hors-la-loi de la grande métropole chinoise n’ont qu’à bien se tenir face au charismatique Bo Xilai, lequel pourrait obtenir un poste important à l’échelle nationale dès 2012...
En seconde position on retrouve le juriste Xu Zhiyong, grand défenseur des droits individuels. Emprisonné cet été puis libéré, il incarne la cause de ceux qui veulent un véritable état de droit en Chine... et n’est donc pas en odeur de sainteté auprès des autorités.
Chez les “Sportifs”, c’est la juge pour les compétitions de plongeon, Ma Ning qui arrive en tête pour avoir dénoncé les arrangements et manipulations de résultats lors des 11e Jeux Nationaux chinois. Son dauphin, le nageur Zhang Lin, a quant à lui obtenu sa distinction en devenant le premier homme chinois à remporter un championnat du monde de natation (800 mètres nage libre). Son surnom désormais ? “Le Liu Xiang aquatique”, en référence au champion olympique 2004 de 110 mètres haies.
Pour la catégorie “Culture”, c’est l’artiste Ai Weiwei, connu pour ses prises de position dissidentes, qui a été choisi. Son dernier fait d’armes : avoir publiquement critiqué le manque d’implication de Barack Obama sur la thématique des droits de l’homme lors de sa visite officielle en Chine.
Second au classement des artistes les plus influents, on retrouve Jia Zhangke, le réalisateur le plus en vogue de la Sixième génération. Auparavant catalogué “underground” avec des films critiques à l’égard de l'évolution de son pays, notamment “Still Life”, Lion d’or à la Mostra de Venise 2006, le cinéaste a visiblement pris un tournant “politiquement correct” cette année, notamment en boycottant le Festival de Melbourne pour protester contre la présence de la dissidente ouïghoure Rebiya Kadeer. Une trajectoire bientôt comparable à Zhang Yimou ? Affaire à suivre...
Autre “finaliste” de la catégorie, le photographe Lu Guang a remporté le prix W. Eugène Smith pour ses photos sur les dégâts environnementaux liés au développement économique chinois. En marge du Sommet de Copenhague, il ne pouvait pas mieux coller avec l’actualité.
Impossible également de ne pas citer le classement “Business”, où Wang Chuanfu, fondateur de BYD et nouvel homme le plus riche du pays, trône en première position avec le Henry Ford chinois Li Shufu comme dauphin.
Le magazine Talk conclut son classement avec le titre de “Groupe le plus influent” attribué aux internautes chinois. Principale raison ? La capacité de ses derniers à exprimer leurs opinions contestataires sur la toile, comme le symbolise bien la vidéo diffusée sur youtube des Alapagas intitulées “Caonima” (les chevaux de l’herbe et de la boue, également interprétable sur le plan phonétique comme l’insulte “N... ta maman”).
La vidéo s’adressait principalement aux instruments de censure de l’état et avait suscité un énorme intérêt en Chine comme ailleurs...
