Le procès de quatre employés de Rio Tinto a débuté à Shanghai

Le procès de quatre employés de Rio Tinto a débuté à Shanghai

Début du procès Rio Tinto
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Le procès des quatre employés de Rio Tinto à Shanghai a débuté ce lundi dans la capitale économique chinoise. Sur fond de tensions commerciales, ce procès va être largement suivi par la communauté internationale, Pékin ayant promis une totale transparence...

Le procès des quatre employés de Rio Tinto, le grand groupe minier anglo-australien, s'est ouvert lundi et doit se tenir sur trois jours. A peine débuté, il contient déjà quelques surprises...

L'Australien Stern Hu, directeur du bureau de Rio Tinto à Shanghai, et trois employés chinois sont accusés d'avoir obtenu des "secrets commerciaux" de manière illégale et reçu des pots-de-vin. Peu après l'ouverture des audiences, Stern Hu et l'un de ses collaborateurs, Liu Caikui, ont décidé de plaider coupables dans le volet corruption du procès.

Ce qui implique qu'ils risquent d'écoper de cinq ans de prison. Cependant, les deux hommes ont décidé de contester les montants des sommes reçues (650 000 euros pour Stern Hu, environ la moitié pour Liu Caikui). Il n'a pas été indiqué ce que plaidaient les deux autres accusés, Ge Minqiang et Wang Yong.

Actuellement à Pékin pour participer à un Forum économique, le PDG de Rio Tinto, Tom Albanese, n'a visiblement pas voulu ajouter d'huile sur le feu et précisé qu'il "attendait respectueusement le résultat du processus légal chinois", tout en soulignant sa grande préoccupation et sa volonté de continuer à travailler avec la Chine "non seulement parce que vous (les Chinois) êtes notre plus gros client, mais aussi parce que nous voyons des avantages commerciaux à long terme pour vous comme pour nous".

Objet de tensions entre la Chine et l'Australie, l'affaire Rio Tinto est également très suivie par la presse internationale, même si lundi, seuls des journalistes de médias officiels chinois ont pu pénétrer dans l'enceinte du tribunal, selon l'AFP.

Pour beaucoup, ce procès sera l'occasion de voir si la Chine tient ses promesses de transparence. Pékin a en effet affirmé que les droits des accusés "seront pleinement respectés", même si une partie de la procédure, ayant trait aux secrets commerciaux, se déroulera à huit clos.

Stern Hu et ses trois collaborateurs chinois ont été interpellés début juillet, alors que les sidérurgistes chinois étaient dans de difficiles négociations sur le prix du minerai de fer avec les géants miniers étrangers, dont Rio Tinto.

Selon plusieurs médias chinois, Rio Tinto et d'autres groupes auraient alors "acheté" illicitement des informations importantes pour mener les négociations. Selon Reuters, ces pratiques sont pourtant considérées légitimes par nombre d'entreprises... Le chef d'accusation des quatre employés était initialement le "vol de secrets d'État", avant d'être réduit à la mention de "vol de secrets commerciaux".

En Australie, analystes et hommes politiques ont fait le lien entre cette affaire et l'échec d'un accord stratégique important entre le groupe minier et le géant public chinois de l'aluminium Chinalco, qui souhaitait doubler sa participation au capital de RT contre un apport de près de 20 milliards de dollars.

Certains observateurs estiment ce procès comme emblématique des difficultés pour les entreprises étrangères en Chine, où les liens entre le Parti communiste au pouvoir, la police et la justice peuvent avantager considérablement les parties chinoises dans tout contentieux.

De leur côté, les autorités chinoises ont appelé à ne pas politiser le procès, alors qu'il se dit que l'affaire nie fortement aux relations entre Pékin et Canberra.

Source du texte:
AFP/Le Parisien/Challenges/Reuters

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