Le pape envoie une lettre aux catholiques de Chine et souhaite une "normalisation" avec Pékin
Le pape envoie une lettre aux catholiques de Chine et souhaite une "normalisation" avec Pékin
Benoît XVI a adressé samedi une lettre à tous les catholiques de Chine, invitant ceux de l'Eglise officielle et de l'Eglise clandestine à la réconciliation et à l'unité, sous l'autorité de Rome. Estimant un accord possible sur sa prérogative pour nommer les évêques, le pape souhaite une "normalisation" des relations entre le Vatican et Pékin.
Dans sa lettre, le souverain pontife considère que le projet d'une Eglise indépendante du Saint-Siège est "incompatible avec la doctrine catholique". Il réaffirme également que "la nomination des évêques de la part du pape est la garantie de l'unité de l'Eglise".
Sur ce point, Benoît XVI espère trouver un "accord" avec Pékin, et pourquoi pas une solution semblable à celle en vigueur au Vietnam. Dans cet autre pays communiste, le Vatican soumet une liste et le gouvernement choisit un évêque parmi ces noms.
Dans un geste sans précédent, le souverain pontife révoque les instructions de 1988. Ces directives limitaient les contacts entre l'Eglise d'Etat et l'Eglise clandestine reconnue par Rome; et elles prévoyaient l'excommunication de tout évêque ordonné sans l'accord du pape.
Dans une note accompagnant la lettre, le Vatican se dit prêt "à tout moment" à transférer sa nonciature de Taïwan (qui a fait sécession d'avec la Chine en 1949) à Pékin dès qu'un accord serait trouvé.
La Chine a obligé les catholiques à couper tout lien avec le Vatican en 1951, peu après l'accession du Parti communiste au pouvoir. La pratique religieuse n'est autorisée que dans des congrégations contrôlées par le gouvernement. Les 12 millions de catholiques chinois se répartissent donc entre l'Eglise officielle -l'Association catholique patriotique chinoise- et l'Eglise clandestine qui demeure loyale au Vatican.
Le pape espère réunir ces deux groupes sous son autorité. Sans distinction, sa lettre s'adresse à "toute l'Eglise qui est en Chine", pour reprendre les mots de la notice explicative.
Benoît XVI exprime "son souhait sincère que le dialogue entre le Saint-Siège et le gouvernement (chinois) puisse avancer, afin de pouvoir parvenir à un accord sur la nomination des évêques, au plein exercice de la foi pour les catholiques, dans le respect d'une authentique liberté religieuse, et à la normalisation des relations entre le Saint-Siège et le gouvernement de Pékin".
La lettre, qui était très attendue, est publiée en cinq versions sur le site Internet du Vatican, notamment en mandarin classique et en caractères simplifiés.
