Le FMI salue les perspectives de croissance de la Chine tout en mettant en garde contre un yuan sous-évalué
Le Fonds Monétaire International a indiqué hier que la palette de programmes de stimulations mis en place par la Chine avait bénéficié à la reprise de l'économie mondiale mais que le yuan restait sous-évalué.
Ce rapport sur la politique économique chinoise de ces trois dernières années, qui est normalememt publié chaque année, indique que les perspectives de croissance économique du pays demeurent favorables mais recommande davantage de mesures pour sécuriser le secteur bancaire et calmer l'exubérance du marché de l'immobilier. Le FMI a également salué les politiques anti-inflationnistes de Pékin.
La publication de ce rapport est intervenue avant que la Chine n'annonce, le 19 juin dernier, qu'elle renforcerait la flexibilité du taux de change du yuan. Depuis, la devise chinoise a augmenté de 1% par rapport au dollar.
Bien que la Chine ait toujours autorisé dans le passé la publication des rapports du FMI, elle a interdit les publications entre 2007 et 2010 par crainte des critiques émises par l'organisme de contrôle sur le taux de change du yuan.
Dans le dernier rapport en date, le FMI félicite la Chine pour son comportement dans la crise économique internationale et pour avoir laissé “flotter” sa devise. Néanmoins l'organisme financier juge que le yuan reste sous-évalué, dans une fourchette entre 5 et 27%.
Selon le FMI, un yuan plus fort aiderait la Chine à éviter une dépendance à l'exportation et à une politique d'investissements pour glisser vers une économie de consommation des ménages.
La croissance économique chinoise a commencé à se rétablir dans le second quart de l'année 2009 et a atteint une moyenne annuelle de 9,1% cette année. Dopée par la consommation interne, l'économie chinoise pourrait atteindre cette année les 10,5% de croissance, ce qui en ferait la plus rapide des économies mondiales majeures.
Mettre un terme aux politiques de lutte contre la récession est le prochain challenge clé de la Chine, affirme le FMI qui ajoute que cela doit être fait graduellement en 2011.
"Le challenge est désormais de calibrer le rythme et la séquence de sortie de ces politiques de stimulus fiscal et de crédit, tout en faisant un effort particulier pour réorienter l'économie vers la consommation des ménages,” préconise le rapport.

