Le bilan des glissements de terrain au Gansu revu à la hausse
Le bilan mortel des glissements de terrain survenus à Zhouqu, dans la province du Gansu, est monté à 702 victimes, alors que 1.042 personnes sont toujours portées disparues.
Les équipements lourds des sauveteurs sont enfin arrivés à bon port et les experts tentent toujours de débloquer la retenue d'eau artificielle qui s'est formée sur la rivière Bailong et qui menace de se déverser sur les populations environnantes. Les prévisions météorologiques font état de nouvelles précipitations dans les jours à venir et notamment de l'arrivée de la tempête tropicale Dianmu.
Le gouvernement a annoncé le paiement de compensations aux victimes du désastre, les habitants touchés se verront allouer une somme de 150 yuans et les familles qui ont perdu un membre, toucheront 8.000 yuans. Le gouvernement local a également mis la main au portefeuille et a débloqué une somme de 500 millions de yuans pour activer les opérations de secours. La Croix Rouge chinoise a offert de son côté matériel et fonds pour un montant de six millions de yuans. Bien que les habitants sur place soient reconnaissants des aides fournies, ils mettent l'accent sur leurs besoins de première nécessité.
"Nous avons désormais suffisamment de vêtements et de tentes. Ce dont nous avons le plus besoin est la nourriture et l'eau potable," témoigne Jin Changshu, un officiel du bureau des affaires civiles du Gansu. Le Global Times rapporte que l'eau courante a été rétablie dans les hôtels, les bâtiments gouvernementaux et quelques secteurs résidentiels mais que la grande majorité des robinets de la ville de Zhouqu ne laissent toujours pas filtrer la moindre goutte. Plusieures personnes ont déjà été traitées pour des diarrhées. "Des eaux souillées ainsi que des aliments ont provoqué ces troubles, nous avons beosin de davantage de médicaments," affirme à Chine Nouvelle, Yang Long, un médecin qui dirige une clinique à Zhouqu.
La BBC note que la difficulté principale reste l'hébergement. Avec plus de 1.000 habitations totalement détruites et 3.000 autres inondées, de nombreux habitants de la ville ont besoin d'un abri. Bien que 4.000 tentes aient été distribuées, le relief montagneux de la région ne se prête que difficilement à l'établissement de camps, seules une centaine de ces tentes sont utilisées.
Quelques dirigeants ont commenté la dégradation de l'environnement, les dérèglements causés par les usines hydro-électriques et la déforestation qui sont en partie respeonsables de ce désastre, précise l'agence Reuters. Un rapport gouvernemental en date de 2009 indique que les déforestations pratiquées depuis un demi-siècle avaient causé de "graves destructions sur la nature environnante, crée une érosion sérieuse et provoqué des désastres naturels de plus en plus fréquents et de plus en plus violents". Reuters cite encore le rapport: "Les volumes d'eau se sont considérablement réduit ce qui a pour conséquence l'accélération de l'érosion du sol et la fréquence des glissements de terrain et des coulées de boue".
Zhang Qirong, un officiel des autorités forestières a expliqué à l'agence Reuters que la construction de barrages hydro-électriques le long de la rivière constitue le facteur majeur de la recrudescence de glissements de terrain dans la région. Un rapport récent recense 228 sites à risques qui "menacent directement une population forte de 97.000 âmes".
Les services de météorologie chinois annoncent de nouvelles précipitations dans les prochains jours rajoutant une certaine urgence dans le déroulement des opérations de secours. Le Comité permanent du Parti Communiste Chinois s'est réuni hier pour évoquer le désastre et a publié le communiqué suivant: "Nous sommes arrivés à un point critique dans les opérations de secours, nous devons privilégier au plus haut degré la vie des populations et préserver leurs propriétés".

