La région du Tibet doit rouvrir ses portes aux touristes étrangers
La région Autonome du Tibet sera de nouveau accessible aux touristes étrangers dans le courant du mois d’avril, a annoncé de l’Administration tibétaine du tourisme. Après de nombreuses cérémonies de commémoration de "l'émancipation des serfs”, et malgré une nouvelle attaque contre un poste de police dans une province voisine, les autorités estiment la région suffisamment stable pour relancer les activités touristiques.
"Le Tibet est harmonieux et stable maintenant. Les agences de voyage et les hôtels sont prêts à les accueillir", a déclaré un responsable de l’Administration tibétaine du tourisme.
La date de la réouverture de la région himalayenne reste cependant encore floue, mais devrait se produire au cours du mois d’avril.
"Le Tibet sera ouvert aux touristes étrangers à partir du 5 avril[i/]", a indiqué le responsable. Mais d’autres sources de l’AFP semble avoir reçu d’autres informations. Une agence de voyage de Chengdu, dans la province du Sichuan a dit à l’agence de presse française que les étrangers pourront se rendre sur le toit du monde à partir du 28 avril. Une employée d’un hôtel a Lhassa a, elle, entendu dire que ce serait à partir du 14 avril.
La région devrait encore rester fermée pour les journalistes étrangers.
Malgré les déclarations officielles, il semble que les régions à forte population d’origine tibétaine soient encore sous tension.
Dimanche, una attaque a visé un commissariat de police à Xining, capitale de la province du Qinghai, une région voisine du Tibet. Selon les informations communiquées, deux policiers ont été blessés. Il s’agit de la deuxième attaque en huit jours contre un commissariat de police dans cette province.
Le Tibet avait fermé ses portes aux touristes étrangers avant le mois de mars. Le troisième mois de l’année est en effet une période riche en événements commémoratifs.
Le 10 mars avait vu le 50e anniversaire de l’arrivée de l’Armée de Libération du Peuple à Lhassa. Le 14 mars marquait le premier anniversaire des émeutes de Lhassa. Le 28 mars est lui le jour du 50e anniversaire de la destitution du gouvernement local tibétain du dalaï-lama par Pékin et la création de la “Région Autonome du Tibet”, ainsi que le jour de célébration de “l’émancipation des serfs”.
Une importante cérémonie s’est tenue samedi, devant le palais du Potala, ancien palais du dalaï-lama, pour fêter le 50e anniversaire de “l’émancipation des serfs”.
Devant une foule de 13.280 personnes, selon Chine Nouvelle, la cérémonie a été présidée par Qiangba Puncog, le président du gouvernement régional, et a vu de nombreux discours louant les avancées apportées par le communistes.
"[i]En raison de la faim, beaucoup de gens comme moi devaient mendier pour de la nourriture, mais si les moines des rangs supérieurs nous surprenaient, nous étions battus et fouettés", a affirmé un Tsondre, un agriculteur de 69 ans.
"Les esclaves hurlaient et mendiaient. Certains avaient eu leurs jambes coupées par leurs propriétaires, d'autres avaient eu les yeux arrachés ou n'avaient plus de mains” a déclaré pour sa part Sun Huanxun, un vétéran de l’Armé de Libération du Peuple.
Du coté des officiels, cette cérémonie était aussi l’occasion d’afficher leur détermination à maintenir la région himalayenne sous le drapeau chinois.
"La lutte qui nous oppose à la +clique+ du dalaï lama n'a pas trait à l'éthique, la religion ou les droits de l'Homme (..) elle concerne la souveraineté nationale et l'intégrité du territoire. Nous devons rester vigilants et fermement réprimer toutes les activités séparatistes", a déclaré Zhang Qingli, le secrétaire du PCC de la région autonome.
"Le drapeau aux cinq étoiles flottera toujours sur le Tibet", a affirmé Zhang.
Pour les Tibétains en exil, cette célébration est perçue comme une insulte et une provocation.
"Cette journée est pour tous les Tibétains à travers le monde une journée de deuil", a fait savoir le gouvernement tibétain en exil par communiqué.

