La Chine et l'Union Européenne entament leur premier véritable dialogue de partenariat à haut niveau
Le conseiller d'Etat chinois Dai Bingguo et la haute représentante de l'Union Européenne pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, se sont rencontrés mercredi dans la province du Guizhou pour le premier vrai dialogue stratégique entre les deux parties.
Cette rencontre est la première depuis que le mécanisme a été enclanché au niveau des ministres adjoint des affaires étrangères, précise l'agence officielle Chine Nouvelle. Ces entretiens interviennent un mois avant le prochain sommet Chine-Europe qui est prévu pour le 6 octobre.
Durant cette entrevue à huis clos d'une journée, la Chine a appelé l'Union Européenne à la considérer avec compréhension et à se bâtir une image de la seconde économie mondiale qui soit équilibrée et objective.
M. Bingguo a expliqué à la partie européenne, qu'en dépit du boom de l'économie chinoise, le pays ne se fait pas de fausses idées sur son développement.
"La Chine a une compréhension très claire de son rôle à l'international et de son niveau de développement," a-t-il indiqué dans des propos repris par le Quotidien du Peuple.
"La Chine attend aussi de l'UE d'être traitée en égale," a ajouté Dai qui a souligné que la Chine demeure un pays en développement et que sa préoccupation est d'améliorer le niveau de vie moyen de ses citoyens.
Ashton a fait écho à ces revendications chinoises en indiquant que le but principal de ce dialogue stratégique était justement d'améliorer le niveau de compréhension mutuelle entre la Chine et l'Union Européenne.
Les deux émissaires ont également abordé les sujets internationaux d'intérêt commun et la Chine a exhorté l'Europe à se joindre à ses efforts pour relever tous les challenges au niveau planétaire.
Concernant les relations entre la Chine et l'UE, Dai a indiqué que Pékin soutenait l'effort de modernisation de l'UE et a fait référence au traité de Lisbonne entré en vigueur l'année passée. Il a également souligné l'importance du renforcement du dialogue politique dans les relations bilatérales et notamment sur les sujets sensibles.
Ashton a déclaré que l'Union Européenne souhaitait elle aussi renforcer ce dialogue politique et trouver davantage de domaines dans lesquels entamer une coopération.
Un jour avant les entretiens, Ashton et sa délégation ont été invités par leus hôtes chinois à visiter un village pauvre de la banlieue de Guiyang, la capitale de la province et habité par la minorité ethnique Miao.
"Nous espérons que ce genre de visite permettra à Mme Ashton de bien comprendre la Chine et de considérer son développement de la manière la plus équilibrée et objective possible," a indiqué à Chine Nouvelle, Fu Ying, ministre adjoint des Affaires étrangères.
Dans le même temps, un groupe d'hommes d'affaires européens a accusé la Chine de ne pas respecter ses engagements par rapport à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et stigmatise les conditions des entreprises étrangères en Chine.
Dans une plainte adressée à la chambre de commerce européenne en Chine, les entreprises ont indiqué que les réformes d'ouverture du marché chinois avaient pour conséquence le fait que les entreprises étrangères faisaient l'objet d'un traitement plus injuste.
Selon Jacques de Boisseson, le président de ce groupe de businessmen, certaines entreprises européennes seraient même en train de reconsidérer leur présence en Chine en raison de ces problèmes d'accessibilité au marché.
Dans l'objectif d'aténuer les critiques émanant des gouvernements étrangers et des entreprises étrangères lassées de ce traitement inéquitable, Pékin a mis en place en parant au plus pressé une série de mesures destinées à encourager les investissements étrangers.
Catherine Ashton doit maintenant rencontrer le Premier ministre chinois Wen Jiabao ainsi que le ministre des Affaires Étrangères, Yang Jiechi, jeudi et vendredi prochains dans la capitale chinoise.

