Censure d'internet en Chine : l'Union européenne en appelle à l'OMC
Le thème de la censure d'internet en Chine bientôt débattu devant l'Organisation mondiale du commerce ? C'est tout du moins ce qu'espère Neelie Kroes, la commissaire européenne à la société numérique, récemment en visite en Chine.
"C'est l'une de ces questions qui devraient être étudiées par l'OMC", a déclaré Mme Kroes lundi à Shanghai, au dernier jour d'une visite de cinq jours en Chine. La responsable européenne, qui a précisé avoir abordé la question avec les dirigeants chinois, estime que la censure chinoise sur le net, parfois appelée "Grande Muraille", est un problème d'ordre commercial "dans le sens où elle représente une barrière réelle pour la communication".
L'angle d'approche de la commissaire est original et pourrait s'avérer très efficace : jusqu'à présent, les autorités chinoises contrôlent étroitement le net pour des raisons essentiellement politiques, en filtrant les éventuels messages contestataires ou à contenu politique sensible.
"A chaque fois que je le peux, je pousse pour que les entreprises européennes soient traitées de manière juste et équitable en Chine, et vice versa", a ajouté Mme Kroes, comme pour confirmer que ses préoccupations n'étaient que d'ordre commercial.
D'ailleurs, lorsque des journalistes lui ont demandé de commenter le récent retrait de Google du marché chinois, la responsable européenne a logiquement botté en touche, en précisant qu'il s'agissait d'une stratégie d'entreprise et d'une affaire de politique américaine...
S'il reste encore du chemin à parcourir pour que la question de la censure d'internet en Chine soit débattu à l'OMC, les déclarations de Mme Kroes sont les premières sur ce sujet sensible de la part d'un aussi haut dignitaire européen.
